PROJET D’ARCHITECTURE
available in englishE912 : Projet d’architecture
Contenu
L'enseignement de projet en cycle master s'organise par domaine d'études, au sein d'ateliers verticaux réunissant les promotions de M1 et de M2.
Les 4 domaines d'études de l'ENSAB proposent chacun, au S7/S9, 2 ateliers distincts.
Le détail (contenu, évaluation, travaux, bibliographie) est précisé dans chaque descriptif d'atelier.
| ECTS | Cours | TD | Pondération |
|---|---|---|---|
| 11crédits | 0heures | 112heures | 90% |
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Dominique
Jézéquellou Frédéric
Sotinel Paul-Eric
Schirr-Bonnans Sébastien
Penfornis
+ 6 Fanny Landeau
Julia Tournaire Véronique Zamant Julie Flohr Frédérique Audigier David Malaud |
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E912 : 1. non inscrits
E912 : Hybridations D. Jezequellou – Campus de la Harpe
Objectifs
Penser les formes par l’hybridation des usages pour que la ville soit plus inclusive, plus efficace et plus aimable.
Au sein du DE 'Hybridations', les ateliers de projet explorent l’élaboration des formes architecturales et urbaines à travers des processus associant hybridation des usages, création et interaction des espaces publics, évolutivité et réversibilité des dispositifs spatiaux, réutilisation adaptative de l’existant. Deux ateliers au choix sont proposés au premier semestre en S7/S9, ces ateliers traiteront des formes architecturales et urbaines dans une perspective d’hybridation des usages, d’évolutivité et d’innovation formelle. Les enjeux d’aujourd’hui nous obligent à réfléchir de manière prospective et inventive à ce que sera la société de demain. Nous réfléchirons à ce que peuvent être des réponses architecturales à ces grands enjeux.
L’atelier 'Hybridations des usages' coordonné par Dominique Jézéquellou accorde une importance particulière à la cohérence du processus de conception et à l'exploration des potentiels programmatiques et contextuels du projet d'architecture. Ce dernier est vu comme un processus où s'inventent des stratégies d'usages et d'espaces (hybridation programmatique) qui permettent d'élaborer une nouvelle forme de vie dans une situation locale singulière en associant programmes privés, équipements et espaces publics.
Pour 2026-2027, cette recherche d'hybridation programmatique se fera au travers d'une proposition de renouvellement urbain sur le secteur du Campus de la Harpe à Rennes.
Contenu
2026-2027 : 'Métamorphose d'un site monofonctionnel'.
A l'issue d'une phase de diagnostic problématisé, il s'agira de proposer une stratégie de mutation pour 2050 puis de développer un projet architectural comme échantillon de cette 'métamorphose'.
Des séances de travail avec des intervenants extérieurs sont envisagées.
Mode d'évaluation
Evaluation : contrôle continu (20% + 15%) et contrôle final (65 %)
Nature du CC :
- une présentation de travaux par groupe à l'issue de la phase d'analyse, définition de la programmation et proposition urbaine
- un rendu intermédiaire par binôme au cours du développement du projet architectural (sur un ou plusieurs éléments du projet collectif)
Modalités du CT :
- une évaluation finale individuelle ou par binôme des éléments détaillés en présence d'invités extérieurs à l'Ensab pour un réel temps d'échanges autour du projet.
Travaux requis
défini à chaque étape lors des séances d'atelier
E912 : Hybridations F. Sotinel – Route de Lorient
Objectifs
Au sein de l’atelier, l’enjeu sera d’expérimenter, à travers le projet, des démarches innovantes et inventives intégrant les questions écologiques et environnementales telles que la relation ville-nature, l’équilibre des articulations public/privé, l’anticipation des temps courts et longs de la ville, la gestion des proximités, des énergies, du réemploi ainsi que des questionnements culturels et sociaux d’aujourd’hui, dans la perspective d’un territoire en perpétuelle mutation. Spécificité commune au domaine d’études Hybridation, l’atelier interrogera les relations entre recherche et projet en s’appuyant sur la pratique du projet pour développer une analyse réflexive, problématisée et critique de l’architecture.
L’atelier traitera des formes architecturales et urbaines dans une perspective d’hybridation des usages, d’évolutivité et d’innovation formelle. Les enjeux d’aujourd’hui nous obligent à réfléchir de manière prospective et inventive à ce que sera la société de demain. Nous réfléchirons à ce que peuvent être des réponses architecturales à ces grands enjeux.
Contenu
L’atelier formulera l’hypothèse que l’hybridation des usages est une des réponses particulièrement adaptée aux crises que nous traversons. Inventer de nouvelles proximités, générer de l’interaction et de l’échange entre individus, trouver de meilleures adéquations avec les contextes, voire inventer un contexte, seront considérés comme autant de pistes d’exploration du projet. Cette hypothèse nous conduira à interroger les formes elles-mêmes de manière à développer des réponses créatives. Pour cela, nous questionnerons les articulations entre formes et usages, entre formes architecturales et formes urbaines et nous envisagerons également comment ces hybridations interrogent les relations et leur gradation entre le privé et le public. Un accent particulier sera mis sur les espaces publics.
Cette année l’atelier prendra comme objet d’étude la ZAC Porte de Saint Malo dans le cadre du partenariat entre l'ENSAB et Rennes Métropole et nous serons également accompagnés par Territoires. La ZAC est située sur des terrains qui constituent aujourd'hui en grande partie une friche industrielle. Elle a déjà fait l'objet d'une étude paysagère et urbaine qui a débouché sur un projet de parc urbain. Elle est bordée au nord par la rocade de Rennes. À l'est, le centre commercial de Grand Quartier et ses parkings constituent une rupture franche. A l'ouest, le site est bordé par le quartier de Beauregard Quincé et au nord-ouest par le parc de Quincé. Au sud la ZAC rejoint le quartier de Beauregard. Le projet sur lequel il vous est demandé de réfléchir consistera en une définition de figures urbaines évolutives en fonction des besoins actuels et futurs et en un projet urbain et architectural proposant une programmation hybride de logements, d’activités et de loisirs. L'objectif sera de réfléchir à densifier la programmation urbaine et de s'interroger sur ce qu'est habiter dans un parc. Le projet d’espace public sera mené en parallèle de la réflexion sur la programmation urbaine au cours de la première phase du travail.
Mode d'évaluation
- une présentation de travaux par groupe à l'issue de la phase d'analyse, de définition de la programmation et de proposition urbaine (pour l'ensemble du site). Note de contrôle continu valant pour 35 % de la note finale.
- une évaluation finale individuelle ou par binôme des éléments de projet détaillés. Examen terminal comptant pour 65 % de la note finale.
Travaux requis
Définis à chaque étape lors des séances d'atelier en fonction de l’avancement des travaux.
E912 : Instrumenter n°1 – David Malaud
Objectifs
ARCHITECTURE VERTICALE
entre pesanteur et légèreté
Valérian AMALRIC
« How much you're building weigh ? »
Ce semestre, l’atelier prend pour point de départ la Triennale de Lisbonne, dont le thème 'How Heavy is the City ?' énonce une question à la fois élémentaire et incommensurable : quel est le poids de la ville ? » Un tel poids ne saurait se réduire à la somme des matériaux ou à un calcul de descente de charges. Il engage d’autres registres : poids énergétique, carbone et technique, poids politique et social, poids symbolique et psychique. L’architecture, qui s’édifie dans la gravité — précisément dans l’intervalle entre pesanteur et grâce — est la discipline la plus directement concernée par cette interrogation.
Ces réflexions trouvent leur incarnation dans une figure de condensation, structurante pour l’architecture, et inlassablement réélaborée par la pensée et la littérature : la tour.
Objet à la fois mythique et historique, elle traverse le temps comme motif instable et persistant. Son récit fondateur demeure la tour de Babel : acte d'orgueil voué à l’échec, qui scelle dans l’architecture la séparation du langage, la discorde et la disgrâce divine. Cette origine marquée du sceau de la faute et de la culpabilité n’empêche pas - bien au contraire - la persistance du motif, de la Renaissance aux temps modernes, de Florence à Chicago, de New York à Dubaï. Chaque époque a produit ses tours, chaque société a chargé ces figures de significations multiples : la verticalité comme puissance civique, comme spéculation foncière, comme excès de l’Anthropocène. La tour n’est pas seulement une structure qui s’élève, elle est acccumulation de masses, de flux et de signes.
Au sein de la Modernité, la tour a trouvé ses champions : Sullivan, Hilberseimer, Mies, Le Corbusier, jusqu’à Koolhaas. L’École de Chicago, née dans le contexte de reconstruction qui suivit l’incendie dévastateur de 1871, a ouvert la voie à cette exploration de la verticalité comme réponse à la densité urbaine. Dans Delirious New York, Koolhaas définit la tour comme type fondateur d’une culture de la congestion, machine à produire intensité et densité. Elle n’est pas seulement l’effet d’une logique constructive, mais le lieu d’une f(r) iction : superposition de programmes, juxtaposition d’événements, concentration de flux. À travers elle se joue la dialectique constitutive de l’architecture : l’opposition entre sédimentation et exhaussement, entre ce qui pèse et ce qui allège. La descente des charges et la logique de l’ingénieur s’opposent à l’élan vertical de la colonne reliant terre et ciel.
Tours et détours
La tour n’a pas seulement été l’objet de récits mythiques ou de spéculations théoriques. Elle a aussi donné lieu à des détournements, non seulement satiriques mais ouvertement pamphlétaires, tel celui d’Adolf Loos qui, en 1922, propose pour le concours de la Chicago Tribune Tower ce qui demeure l’une des gifles les plus mémorables infligées à l’architecture : un immeuble en forme de colonne dorique de vingt et un étages, posé sur un socle rectangulaire de dix étages. Loos dévoilait la mascarade : la modernité triomphante n’était peut-être qu’un vieil ordre classique grimé en verticalité héroïque. Le jury choisit le pastiche, consacrant l’archaïsme, tandis que la colonne aberrante de Loos devint, par un retournement cruel, le fétiche emblématique récupéré par la critique postmoderne.
Hans Hollein en perçoit toute la portée lorsqu’il reprend à son compte la maquette de Loos, dans la Strada Novissima de la Biennale de Venise en 1980. En assumant ce projet comme matrice, il prolonge l’ironie critique de Loos : la tour réduite à une image, à un signe, dont la valeur réside moins dans sa fonction que dans la provocation intellectuelle. Ses collages des années 1960 avaient déjà inscrit cette logique : objets ordinaires — lunettes, pain, prise électrique — transposés à l’échelle urbaine, rappelant que l’architecture pouvait se laisser absorber par ses propres icônes. De Loos à Hollein, la leçon se maintient : la tour n’est plus un idéal de puissance, mais une figure déplacée, dont la monumentalité sert à exposer l’absurdité même du monument.
Ces détournements rappellent que la tour n’est pas seulement une figure sérieuse, liée au poids de l’histoire, de la technique ou de la société. Elle peut être tournée en dérision, exhibée comme cliché, ou réduite à un simulacre. Loos comme Hollein montrent que l’architecture verticale, en prétendant condenser un monde, s’expose aussi à sa propre vacuité. La tour devient alors double : monument de gravité et objet de dérision, figure de la pesanteur et support d’une ironique légèreté.
Au-delà du type, la tour relève toujours déjà du registre du récit. La littérature, la photographie et le cinéma l’ont faite personnage à part entière. Dans Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline, 1932), la découverte de New York par Bardamu donne à voir la verticalité comme oppression : la ville se dresse de toute sa hauteur, les tours imposent le poids des masses sociales. Dans Les Monades urbaines (Robert Silverberg, 1971), les gratte-ciels de 3000 étages projettent une utopie d’efficacité qui se retourne en dystopie d’aliénation.
Avec High-Rise (J. G. Ballard, 1975) enfin, la tour devient microcosme, promesse d’autonomie renversée en huis clos violent. L’imaginaire brutaliste y bascule. La référence manifeste au Barbican de Londres — non loin des faubourgs où Ballard situe ses tours futuristes — permet de mesurer l’écart : ce qui pour les architectes portait l’ambition d’un cadre collectif se déforme en « machine à habiter » détraquée. Ses organes techniques — ascenseurs, gaines, câbles, tuyaux, escaliers, vide-ordures — cessent d’être des vecteurs de fluidité pour se muer en dispositifs de contrainte. L’ascension verticale, au lieu d’émanciper, redouble la pesanteur sociale et inscrit la hiérarchie dans la mécanique même du bâtiment. La dialectique entre lourd et léger s’y trouve pervertie : l’élan vers le haut se renverse en enfermement tandis que la légèreté promise demeure hors d’atteinte.
Tours parallèles
Le cinéma a prolongé cette métaphore. La Jetée de Chris Marker (1962) montre comment la fixité photographique condense mémoire et pesanteur du temps : l’image arrêtée ne fige pas seulement un instant, elle superpose des strates temporelles, accumule les traces, jusqu’à faire éprouver le poids de l’histoire sur chaque photogramme. Godard, dans Numéro deux (1975), opère le mouvement inverse : en déconstruisant le flux filmique, en fragmentant l’image et en la multipliant, il en révèle l’épaisseur matérielle, sa résistance à toute transparence. L’image n’est plus un simple passage, mais une masse, un obstacle, qui impose son poids au spectateur.
Ces deux démarches, par des voies opposées — l’immobilité en mouvement chez Marker, la saturation critique pervertie par Godard — rappellent que le cinéma, comme l’architecture, travaille avec du poids, avec une densité qui conditionne la perception. La légèreté apparente des images, comme celle des formes construites, n’est jamais qu’un effet conquis sur une matérialité pesante. C’est précisément ce que condense la figure de la tour : accumulation de masses, densité des flux, stratification des temps sociaux. Marker et Godard, chacun à leur manière, rejoignent ainsi la métaphore architecturale : la tour, comme l’image, se présente à la fois comme écran et comme épaisseur, à la fois aspiration et rappel de la chute.
Ce lien entre image et architecture se prolonge dans les représentations explicites de la tour au cinéma. Metropolis (Lang, 1927) en avait fait l’emblème d’une modernité aliénante ; Playtime (Tati, 1967) en a tourné la monumentalité en dérision. Avec La Tour infernale (Guillermin, 1974), elle devient l’icône du film-catastrophe : l’incendie n’est qu’un simulacre, produit à partir d’une maquette gigantesque, mais il inaugure un genre où la verticalité se confond avec le risque. La fiction, ici, précède la réalité : l’incendie de Grenfell, à Londres en 2017 10 , rejoue sur le mode de la tragédie ce que le cinéma avait anticipé, révélant la vulnérabilité d’un modèle supposé protecteur. De même, la chute de la voiture dans The Hunter (Kulik, 1980), depuis le parking de Marina City de Bertrand Goldberg — cascade bien réelle, et non simulée — redouble ce passage de l’image à l’événement. Modèle de la Tour des Horizons à Rennes, récemment marquée par une chute tragique survenue depuis le 26 ème étage, elle rappelle combien la frontière entre représentation et expérience vécue demeure trouble et angoissante.
Cette logique atteint son paroxysme le 11 septembre 2001 : lorsque les avions projetés contre les tours du World Trade Center déclenchent un incendie dont le brasier altère la structure métallique qui s’effondre soudainement sous son poids propre : figure de l’élévation retournée brutalement en gravité. Dans la littérature comme dans le cinéma, la tour semble ainsi toujours déjà l’entre-deux du simulacre et du désastre, de la catastrophe et du sauvetage. Le dogme de Sullivan, 'Form follows function', vacille, balayé par la fulgurance de 'Form follows Fiction'.
L’histoire récente en témoigne : si les barres d’habitation des Grands Ensembles — qui ne sont rien d’autres que des tours abattues au sol — ont connu une fin aussi brutale que définitive, consacrant l’échec de la Modernité et de ses promesses d’émancipation collective, la tour, elle, continue d’affirmer sa présence, des premiers gratte-ciel américains aux excès ostentatoires de Dubaï. Cette persistance rappelle que l’architecture ne saurait se réduire à la stricte rationalité constructive : elle se nourrit tout autant de récits et de représentations que de mythes et de fictions.
Lisbonne, ville en suspens
Lisbonne est le point de départ. Ville portuaire et stratifiée, marquée par le séisme de 1755, elle conjugue la topographie des collines et la mémoire des ruines : les tramways, délestant les habitants de la charge des pentes abruptes, traduisent cette médiation fragile entre le corps et la ville. Ils soulagent le poids de l’ascension, mais portent en eux, comme en latence, la possibilité du désastre. L'actualité dramatique nous l’a brutalement rappelé : la cité allège pour mieux rappeler le poids du destin, offrant la légèreté comme promesse et la fatalité comme revers. Pessoa en a fait le lieu du dédoublement : ses hétéronymes donnent voix à cette ville tragique, partagée entre ascension et chute, entre rêve et désastre.
L’atelier transpose cette méthode à la figure de la tour. Objet à la fois technique et narratif, elle oscille entre utopie et dystopie, entre charge et élévation. Il ne s’agit pas de produire un édifice, mais une grille critique : la tour comme condensateur de tensions, matérielles, sociales et politiques.
La pédagogie suit trois temps. Avant Lisbonne : exercices de mesure, d’épreuve et de fiction. À Lisbonne : collecte fragmentaire, à la croisée des expositions de la Triennale et de l’expérience urbaine. Après Lisbonne : la tour envisagée comme type et comme récit, explorée par collages, maquettes, montages et photo-romans, prémices d’un film.
C’est dans cet esprit que s’inscrit l’atelier : interroger la tour comme type architectural qui, loin de se réduire à la seule fonction, engage toujours un surplus de sens. La fiction y devient une condition critique du projet, non dans la recherche d’une forme achevée, mais dans l’élaboration progressive d’un champ critique.
Contenu
Déroulement du semestre
SEQUENCE 1
L’atelier s’ouvre par une série d’exercices conçus comme autant de déplacements du regard. À partir d’une question élémentaire — quel est le poids d’une ville ? — il s’agit de traverser plusieurs régimes d’expérience : la mesure et le calcul, l’épreuve du corps et des matériaux, la production d’images dialectiques, l’écriture de fictions hétéronymes. Les exercices préparatoires engagent également l’invention d’« unités sensorielles » et d’« expériences tactiles », comme autant de moyens de confronter le visible et l'invisible, le matériel et l'immatériel. Lisbonne constitue l’horizon de ce cheminement : ville stratifiée, ville tragique, ville double, où la gravité s’inscrit à la fois dans la topographie et dans l’imaginaire, tension entre gravité et légèreté, comme condition de pensée. L’ensemble de ces exercices ne se veut pas figé : il pourra être adapté, infléchi, déplacé au gré de l’avancement du collectif et des discussions avec les étudiants au fil du semestre.
01. Pondérer l’impondérable
18 septembre
La première journée d’atelier sera orchestrée comme une plongée collective dans une interrogation faussement naïve : le poids de la ville. On pourra chercher à répondre par la voie de l’ingénieur — inventorier masses, densités, matériaux, charges — mais les chiffres excèdent vite l’entendement. Le poids, loin d’être réductible à la masse, s’ouvre à d’autres registres : poids énergétique d’un métabolisme urbain, poids symbolique d’une mémoire construite, poids politique des normes, poids affectif des situations vécues. L’exercice vise à inventorier ces dimensions, en amont du voyage à Lisbonne.
Déroulement :
• Lecture et discussion du brief.
• Mise en distinction : poids mesurable / poids symbolique / poids énergétique et carbone / poids mémoriel et affectif.
• Exemple de descente de charges simplifié et calcul du poids propre estimatif du Seagram Building à New-York (Mies van der Rohe).
• Tentative collective d’estimation du « poids » de Lisbonne.
• Discussion critique sur ce que ces calculs donnent à voir et ce qu’ils laissent hors champ.
Livrables :
• Notes de groupe (A4).
• Carte heuristique (A3).
• Affichage collectif
02. Anatomie du poids
25 septembre
Après le calcul vient l’expérience corporelle. Le poids se déplace vers la perception, les unités sensorielles, l’effort musculaire. Soulever une brique, porter un madrier, sentir la résistance d’une pente : autant de manières d’éprouver la gravité construite. Fatigue, travail, charge accompagnent cette épreuve. Les instruments de levage — roue, treuil, chèvre, grue — prolongent ce rapport en l’allégeant : ballet du chantier, palans qui élèvent la poutre, grues qui dressent le voile de béton. Lisbonne, ville en chantier perpétuel, se lit aussi dans la légèreté apparente de ses grues, si graciles face au poids qu’elles déplacent. Car le chantier est la première ressource de l’expérience tactile : lieu où l’architecture se donne par fragments, composants, assemblages provisoires, avant toute finitude. Ici, la matière nous touche autant que nous la touchons — expérience du soulever et du saisir.
Ni outil, ni instrument, ni machine : le corps, tel que Merleau-Ponty le définit, n’est pas un simple opérateur technique mais une conscience antérieure à la conscience, condition de toute expérience et révélateur du sensible. Alberti avait institué la séparation entre l’artisan et l’architecte, assignant l’un au faire, l’autre à la conception. Ici, c’est précisément dans l’effort physique, dans la résistance des matériaux et leur assemblage, que se donne à éprouver la dimension intellectuelle de l’architecture. La pensée ne se situe pas hors du geste, mais dans son accomplissement même.
Déroulement :
• Présentation historique et contemporaine des instruments de levage.
• Mise en perspective corporelle de la gravité lisboète.
• Lecture commentée de Merleau-Ponty (Le visible et l’invisible) sur la « chair du monde ».
• Production d’artefacts fragmentaires : brique, planche, corde, métal, pierre ou carton, travaillés comme éléments autonomes et parties d’un tout incomplet. Porter, soulever, caler, équilibrer : l’artefact n’est pas finalité mais expérience. Expérience sensible, pesante et fragile à la fois, où la matière touche autant qu’elle est touchée.
Livrables :
• Artefacts : constructions temporaires, inachevées, manifestations de l’instabilité des corps et de l’architecture, accompagnées d’un récit explicatif.
• Recueil photographique des artefacts (4/5 photos)
03. Images dialectiques
02 octobre
Après la mesure et l’expérience vient l’élaboration d’images dialectiques : lourd/léger, plein/vide, compression/tension, ancrage/suspension, poids/contrepoids, contrefort/porte-à-faux. Ces antagonismes ne relèvent pas d’un simple contraste, mais constituent des rapports structurants du projet architectural. Ils expriment la cosubstantialité du corps et de l’édifice, dans leurs mises en tension réciproques.
Construire avec des matières lourdes, soumises à la gravité, tout en recherchant l’élévation, construire avec des matières légères des réalités denses de sens : telle est la dialectique où l’architecture se situe. À côté du poids physique, mesurable, apparaissent aujourd’hui des contrepoids immatériels — flux de données, intelligences artificielles, stocks d’information et de matière — qui densifient le monde sans charge apparente.
La recherche portera sur des références architecturales où l’édifice est engagé dans cet effort : porter, soulever, s’incliner, se suspendre. Chaque référence devra être lue à travers une dialectique identifiée, qu’il s’agisse de l’un des couples proposés (lourd/léger, plein/vide, compression/tension, ancrage/suspension, poids/contrepoids, contrefort/porte-à-faux) ou d’une autre mise en évidence par l’étudiant·e. De là émergeront des couples dialectiques à constituer et à référencer, dont la finalité n’est pas de résoudre les oppositions mais de les maintenir actives, afin de les travailler dans le projet.
Déroulement :
• Présentation de références et discussion autour de grands antagonismes architecturaux : lourd/léger, plein/vide, portant·e/porté·e, poids/contrepoids, compression/tension, contrefort/porte-à-faux, ancrage/suspension.
• Étude du Pavillon du Portugal (Expo 98, Siza, Souto de Moura, Balmond) : voile de béton armé, lourd et suspendu, condensant tension, compression et légèreté.
• Recherche iconographique en groupes, à partir de références architecturales où le corps ou l’architecture est saisi·e dans le mouvement : effort, suspension, soulèvement, inclinaison, déséquilibre.
Livrable :
• Chaque étudiant·e produit 4 planches A4 en format portrait, chacune consacrée à une référence architecturale. Mentions (pied de page) : Architecture verticale – Entre pesanteur et légèreté / ENSAB 2025-26 / enseignant : Valérian Amalric / nom de l’étudiant·e.
– En haut de page : image de la référence obligatoirement légendée en notation Chicago (photographie, plan, coupe, dessin).
– Au centre : un dessin de l’étudiant·e (plan, coupe, axonométrie ou schéma interprétatif) mettant en évidence l’élément significatif qui révèle la logique dialectique de la référence.
– En bas de page : une note explicative (5 à 10 lignes) explicitant le choix de la référence, la dialectique qu’elle manifeste et la justification du dessin.
• En fin de séance, l’ensemble des planches sera affiché pour constituer un mur de références dialectiques : c’est cet affichage qui formera le tableau analogique collectif et permettra de faire masse, par la confrontation et l’accumulation des regards individuels.
• Ce mur devra être photographié en fin de journée et téléversé sur le Drive de l’atelier.
• Les planches A4 individuelles devront être scannées et déposées en version numérique sur le Drive.
04. Pessoa et ses doubles
09 octobre
L’exercice propose un déplacement : de l’architecture au récit fictionnel. À la manière de Pessoa, il s’agit de créer un double, un hétéronyme, pour expérimenter le poids des mots et des images. Lisbonne devient un paysage mental, anticipé par fragments, avant même d’être parcouru. Ce n’est pas un détour, mais une manière de penser l’architecture : par la fiction, la charge se déplace du matériau à la langue.
L’hétéronyme n’est pas seulement pseudonyme : il est masque, à la manière du carnaval vénitien. Masque qui dissimule et révèle dans le même geste, qui brouille l’identité plus qu’il ne l’efface. Le carnaval suspend l’ordre établi, non pour l’abolir, mais pour l’exposer en déplaçant les rôles et les places. L’hétéronyme agit de la même manière : il déplace le poids du réel et des normes sociales, non pour l’alléger mais pour l’exhiber dans un autre régime de conscience — celui du rêve, de la fiction, du dépouillement de soi. Se voiler pour mieux déplacer : telle est la méthode.
Déroulement :
• Lecture d’extraits du Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa, en résonance avec Simone Weil (Pesanteur et grâce).
• Références à d’autres écrivain·e·s du double fictionnel (Céline, Borges, Kafka).
• Écriture de fragments à la première personne, voix intérieures d’un « autre », dans l’exercice du masque : se voiler pour déplacer.
• Collecte de photographies de Lisbonne, associées aux textes, mises en tension avec les fragments écrits.
• Mise en commun des hétéronymes esquissés, comme figures provisoires, masques révélant en se dissimulant.
Livrables :
• Fragments écrits.
• Photographies associées, en contrepoint des textes.
• Fiche d’identité d’hétéronyme : nom, voix, obsessions, rapport au poids, logique du masque.
SEQUENCE 2
Le voyage à Lisbonne prolonge les exercices préparatoires par une mise à l’épreuve sur site. Mesurer les charges, éprouver la gravité des pentes, confronter les reliefs aux dispositifs techniques — funiculaires, ascenseurs, tramways — permet de transposer les notions travaillées en atelier dans l’expérience sensible de la ville.
Lisbonne devient le terrain d’une collecte de fragments conceptuels : notes, relevés, images, voix. Autant de matériaux critiques, sensibles et hétérogènes. Ces fragments composent un bagage de sensations, d’émotions et de traces mémorielles.
Les hétéronymes, esquissés en amont, en seront les opérateurs : figures multiples, masques qui déplacent et diffractent le regard, inscrivant la ville dans la dimension du rêve pour mieux la réécrire, et ouvrant ainsi la voie à l’invention d’un site fictionnel pour le projet.
05. Lisbonne, pesanteur et grâce
Du 13 au 17 octobre
Lisbonne est une ville stratifiée, marquée par le séisme de 1755, les dictatures et les modernisations successives. Ses topographies accidentées, ses quartiers hétérogènes, ses permanences portuaires composent un paysage discontinu.
L’enjeu est d’articuler les acquis préparatoires (poids mesuré, éprouvé, fictionnalisé) avec l’expérience directe de la ville et la fréquentation de la Triennale.
Déroulement :
• Arpentage de la ville, exploration sensible de ses reliefs et architectures.
• Fréquentation des expositions et conférences de la Triennale.
• Visites de projets modernes et contemporains.
Livrables :
• Croquis, photographies, vidéos, notes.
• Carnet d’hétéronyme(s).
• Assemblage collectif intégrant observations, conférences, expositions.
SEQUENCE 3
Après Lisbonne et son horizontalité étalée au bord du Tage, l’atelier se concentre désormais sur la figure de la tour : objet singulier qui condense le poids de la ville. Elle s’inscrit dans un double mouvement, vers le bas — ancrage puissant au sol, concentration des charges, logique d’ingénieur, verticalité arrimée à la gravité — et vers le haut — élévation vers le ciel, aspiration à la légèreté, colonne reliant terre et ciel, figure de la grâce.
De Babel à l’Anthropocène, en passant par la Renaissance et la Modernité, la tour accompagne l’histoire des sociétés comme l’un de ses signes les plus durables et les plus ambigus.
06. Fragments de verticalité
23 octobre
À partir des images dialectiques et des hétéronymes élaborés durant le voyage, l’exercice engage une exploration des rapports de verticalité, comme prémices à l’invention de la figure de la tour. Le collage, introduit ici comme outil critique, dépasse le simple procédé de composition. De Max Ernst et Hannah Höch aux radicaux italiens de Superstudio, puis à Ettore Sottsass, il se définit comme une méthode de montage et de pensée : un moyen d’articuler les contradictions du réel et de l’imaginaire, de la construction et du récit, pour faire émerger une lecture renouvelée de la verticalité.
Déroulement :
• Retour d'expérience à propos de la visite de la Triennale et de la ville de Lisbonne.
• Présentation : collages surréalistes, Superstudio, Sottsass.
• Discussion : Benjamin et Didi-Huberman, image dialectique et tables de montage.
Livrables :
• Collecte de collages de références accompagnés d’une mise en récit analytique/fictionnelle (3 références choisies) — 1 référence par page A4.
• Série de collages mettant en scène des situations dialectiques d'urbanité verticale, intimes et collectives, imaginées apèrs le voyage (A3) assortis de coupes, plans, croquis (échelle libre) et notes préparatoires — 1 ou 2 collages par étudiant.e.
07. Babels modernes
06 novembre
La tour est abordée comme récit à double entrée : fictionnel et architectural. Dans High-Rise (J. G. Ballard, 1975), la tour condense toutes les fonctions urbaines et concentre les tensions sociales et psychiques. En architecture, les premiers gratte-ciel de Louis Sullivan à Chicago (Auditorium Building, 1889 ; Wainwright Building, 1891) expriment la logique d’une verticalité pure. Dans Delirious New York (Rem Koolhaas, 1978), la tour devient le type fondateur de la Modernité capitaliste, emblème de la congestion.
Déroulement :
• Présentation : High-Rise (Ballard, 1975).
• Présentation : Sullivan, Chicago (1889–1891).
• Lecture critique : Koolhaas, Delirious New York (1978).
Livrables :
• Récits fiction (A4).
• Série de collages (A3) dans le prolongement de l'exercice précédent.
• Coupes, plans, croquis (échelle libre)
08. La fabrique des hauteurs
13 novembre
La tour est une figure constitutive de la Modernité. Elle concentre flux, charges, hiérarchies sociales. De New York (Chrysler Building, William Van Alen, 1930 ; Seagram Building, Mies van der Rohe et Philip Johnson, 1958) à Shanghai (Jin Mao Tower, SOM, 1999) et Dubaï (Burj Khalifa, Adrian Smith, SOM, 2010), elle incarne l’accumulation capitaliste et ses contradictions.
Déroulement :
• Mise en commun des références étudiantes.
• Débat critique sur la tour : modèle ou type ?
• Discussion collective : croiser récit littéraire et type architectural.
• Présentation d’exemples historiques et contemporains.
Livrables :
• Collecte de références architecturales accompagnée d’une mise en récit analytique/fictionnelle (5 références choisies) — 1 référence par page A4.
• Récits fiction (A4).
• Série de collages (A3) dans le prolongement de l'exercice précédent.
• Coupes, plans, croquis (échelle libre)
09. F(r)ictions
20 novembre
Le roman-photo, forme populaire née en Italie et en France dans les années 1950, transpose la logique de la bande dessinée à la photographie. Ses codes narratifs — images posées, séquences linéaires, bulles de dialogue — seront étudiés et détournés. Objectif : comprendre la photographie comme média narratif, puis l’utiliser de manière critique.
Déroulement :
• Présentation : histoire du roman-photo
(Italie, 1947 ; France, Nous Deux, 1950).
• Comparaison avec bande dessinée et cinéma.
• Travail étudiant·e·s : premier roman-photo de la tour.
Livrables :
• Roman-photo expérimental (6 à 8 images + textes courts).
10. Photogrammes
27 novembre
Avec La Jetée (Chris Marker, 1962), la photographie fixe devient matière cinématographique. La voix off remplace les bulles, le montage produit le rythme, la fixité révèle la mémoire. Référence complémentaire : Numéro deux (Jean-Luc Godard, 1975), déconstruction radicale du récit cinématographique.
Déroulement :
• Visionnage de La Jetée.
• Analyse critique : mémoire, temps, montage.
• Discussion : comparaison avec le roman-photo.
• Travail étudiant·e·s : recomposition en séquences de photo-roman.
Livrables :
• Ebauches de maquettes (échelle à définir par les étudiant·e·s)
• Séquence photo-roman (6 à 8 images).
• Scenario (A4).
11. Machineries intérieures
4 décembre
La tour est saisie par son intériorité. Les maquettes, intégrées à certains passages du roman-photo, viennent introduire leur matérialité physique dans le récit.
Elles fonctionnent comme des décors narratifs, où la présence de dispositifs mobiles, proches d’une machinerie théâtrale, permet de varier les situations. Sections, coupes et plans-masses cessent d’être de simples documents techniques pour devenir les supports d’une mise en récit spatiale.
Déroulement :
• Construction de maquettes et décors (dispositifs mobiles).
• Élaboration de coupes et plans-masse.
• Photographie des maquettes.
Livrables :
• Maquettes (en cours de montage).
• Ebauches de maquettes (échelle à définir par les étudiant·e·s).
• Photographies exploratoires (photo-roman).
• Coupes et plans-masse (A3).
12. Tours en récits
11 décembre
Les matériaux accumulés — collages, photographies, textes, maquettes — sont transformés en premiers récits séquentiels. La tour devient actrice et condensateur de récits.
Déroulement :
• Maquettes (en cours de montage).
• Enrichissement du photo-roman à partir des maquettes.
Livrables :
• Nouvelle version du photo-roman (livret ou séquence A3).
• Notes écrites (A4).
SEQUENCE 4
12. Table de montage
18 décembre
Le dernier atelier avant le jury est consacré à l’affinement des récits. Les photo-romans doivent articuler texte et image, récit et montage, architecture et fiction.
Déroulement :
• Reprise et consolidation des séquences produites.
• Travail sur le rythme, la lisibilité, la narration.
• Préparation des livrables finaux.
Livrables :
• Maquettes finalisées.
• Photo-roman en voie de finalisation (livret relié ou projection séquencée).
• Dossier annexe (A3).
Vacances de Noël
Du 22 décembre au 04 janvier
13. Clap de fin
Objectif : Assembler l’ensemble des pièces produites au cours du semestre en vue de la soutenance et de la présentation devant le jury.
Pré jurys
8 et 15 janvier
Jury
22 janvier
Livrables (rendu final) :
L’ensemble des pièces demandées au pré-rendu dans leur version finalisée pour affichage et présentation accompagné du livret de fin de semestre. Oral de 15 minutes par équipe.
Mode d'évaluation
1. Contrôle Continu (CC - 40 %)
Le contrôle continu évalue la progression tout au long du semestre à travers la participation aux séances d’atelier, la qualité des rendus intermédiaires et l’implication dans la dynamique collective.
Critères d'évaluation :
- Cohérence du processus de projet et pertinence des expérimentations engagées.
- Pertinence du récit par rapport aux thèmes du studio et au contexte territorial.
- Qualité des représentations graphiques et des documents produits (plans, maquettes, photogrammes, textes, etc.).
- Pertinence et précision du discours oral et écrit.
- Participation active aux discussions collectives, attention portée aux échanges et à la construction d’une intelligence partagée du projet.
- Capacité à convoquer et articuler d’autres champs (sciences humaines et sociales, environnement, arts, littérature, etc.) au projet d’architecture.
- Capacité à manipuler plusieurs médiums (texte, image, film, maquette, dessin, etc.) et à articuler plusieurs échelles, du détail au territoire.
2. Contrôle Terminal (CT - 60 %)
Le contrôle terminal comprend :
- Le rendu final devant jury (40 %), évaluant la capacité à synthétiser et présenter le travail accompli.
- La restitution du livret et du film (20 %), qui témoignent de la cohérence du parcours et de la mise en forme critique du semestre.
Critères d'évaluation :
- Qualités architecturales, spatiales, matérielles et constructives du projet.
- Cohérence du propos et clarté du récit présenté au jury.
- Pertinence du dispositif de représentation et de communication (maquettes, planches, extraits filmiques, etc.).
- Capacité à situer le projet dans un ensemble de problématiques contemporaines — politiques, écologiques, économiques, scientifiques.
- Qualité du livret et/ou du film en tant que synthèse critique du semestre, révélant la continuité entre processus, récit et projet.
- Capacité à interroger les représentations établies et à proposer des formes nouvelles d’expression architecturale.
Travaux requis
Voir 'méthode de projet et déroulement du semestre' dans la rubrique 'Contenu'
E912 : Instrumenter n°2 : Julie Flohr
Objectifs
STOCKS & STACKS
Ce studio de projet prolonge l'investigation amorcée en 2023-24 puis 2024-25 sur la notion de fantasmagorie rapportée à l'architecture. Pour l'alimenter autant que la complexifier, nous proposons cette année de la mettre en vis-à-vis à vis d'une autre notion : celle de masse.
Par masse, nous faisons ici référence à deux types de « stocks » ou d’accumulation : la masse d’objets/de matières et la masse d’hommes. Leur confrontation nous invite à réfléchir au rôle de l’architecture dans la « production de masse » entendue comme « production de la masse » reprenant l’hypothèse de Baudrillard comme quoi toute constitution de stocks d’objets a pour finalité le maintien d’un état de masse intégrée. Prenant appui sur la notion de fantasmagorie déployée par Walter Benjamin et sur celle d’hyper-réalité convoquée par Jean Baudrillard, nous supposerons que la masse constitue en elle-même une forme de spatialité nouvelle, une forme d’appareil immersif engendrant un espace onirique commun autant support que véhicule du spectacle de l’accumulation.
FANTASMAGORIES DE MASSE OU LE SPECTACLE DE L'ACCUMULATION
Ce semestre nous ferons l’hypothèse que les lieux d’accumulation, d’amoncellement, de stockage, d’empilement - d’objets, de matières, de personnes -, ont la possibilité de devenir des espaces fantasmagoriques « producteurs de masse » à partir desquelles questionner la puissance et la magie de cette accumulation. Nous pensons aux lieux de consommation de masse ou de tourisme de masse typiques du XXe siècle, mais aussi aux espaces logistiques et d’entrepôts, aux espaces de stockage de données comme les data centers ou les espaces d’archives et de mémoire ou encore aux espaces domestiques eux-mêmes qui rendent possible une certaine forme d’accumulation. Ces lieux peuvent aussi bien être des lieux d’extraction, de production, de consommation que des lieux par lesquelles transitent ces masses, car toute masse est effet de mouvement et pas seulement de quantité de matière. Il s’agira de travailler à l’architecture de ces lieux de masse mais également à leur mise en spectacle par l’agissement de la masse ou des masses elles-mêmes. Nous développerons pour cela la notion de « mise en masse ».
MASSE, PEUPLE, FOULE, MULTITUDE
L’articulation des deux acceptations de la masse - comme quantité de matière et comme corps collectif - permettra de la constituer à la fois comme matière et liant d’une architecture de la masse, autant que comme sujet et décor de cette même architecture. Elle prendra appui sur une série d’expérimentations plasti-critiques : à la fois plastiques et matérielles mais aussi théoriques et critiques. Imprégné.es des écrits de Sigmund Freud (Psychologie des masses et analyse du moi, 1912), Gustave Le Bon (La psychologie des foules, 1895), Baruch Spinoza (Traité politique, 1677, sur la pensée des multitudes), Jean Baudrillard (A l’ombre des majorités silencieuses. La fin du social, 1982), Paolo Virno (Grammaire de la multitude. Pour une analyse des formes de vie contemporaine, 2002) ou encore Serge Moscovici (L’âge des foules, 1981), nous nous demanderons ce qui fait masse aujourd’hui. De quelles formes et affects les masses tirent-elles leur puissance ? En outre, la magie qui s’opère dans la masse est-elle la même que celle portée par le peuple, les foules ou encore les multitudes ? Quel(s) parallèle(s) avec l’architecture de la foule (cf. Can Onaner) ? Et que devient l’intime en la masse ?
HOW HEAVY IS LISBON ?
La visite de Lisbonne et de la Triennale d’architecture sera l’occasion de mesurer la masse ou les masses de Lisbonne, dans le sens d’identifier les composantes principales mais aussi d’appréhender les flux de matières, de personnes et d’entités vivantes qui font fonctionner ou dysfonctionner le « système ville ». Mesurer et représenter la masse de Lisbonne impliquera sans doute de transcender les échelles, du microscopique au macroscopique, de dépasser les frontières du visible et les limites planétaires et de rendre apparents les multiples « mondes miroirs » (Naomie Klein) qui s’y connectent. Cette ville ainsi « pesée » et représentée fera office de site de projet. Elle sera le lieu de projection de fantasmagories de masse, au sein desquelles la puissance et la magie des accumulations préalablement identifiées seront questionnées, mises en scène, exagérées, activées ou au contraire désactivées, recomposées, désintégrées etc. La dissémination des masses projetées au sein du « système Lisbonne » ou au contraire leur concentration viendront questionner les contours de l’architecture en tant qu’objet (inerte vs. vivant) et échelle (statique vs. dynamique).
Contenu
DEROULEMENT DU SEMESTRE
Le semestre se déroule en quatre temps correspondant à quatre types d'approches de la notion de masse et quatre modalités de projection : l'accumulation et l'expérimentation plasti-critique, la friction et le cartographie manifeste collective, la massification et la modélisation architecturale, la fétichisation et la mise en scène. Chaque temps est introduit par un exercice court d’une journée conçu à la fois comme un approfondissement théorique et une exploration spontanée de la matière présentée.
SEQUENCE 01 : ACCUMULATION
L'Un, le Double, la Masse
> Stocks, 18.09
> Stocks de stocks, 25.09 / 02.10
> Stocks de stocks de stocks, 09.10 am
Livrable : Collection (ou toute autre forme d'accumulation) de dessins, collages, photos de maquette
SEQUENCE 02 : FRICTION
Un ma(ss)nifeste pour Lisbonne
> Peser Lisbonne, 09.10 pm / 12-17.10 (voyage)
> Projeter Lisbonne, 23.10
> Soulever Lisbonne, 06.12
Livrable : Manifeste sous la forme d'une cartographie collective accompagnée de récits et collages fictions
SEQUENCE 03 : MASSIFICATION
Architectures de masse / masses d’architecture
> Massness = Bigness ?, 13.11
> Masse contenue masse contenante, 20.11 / 27.11 / 04.12
> Mise en masse, 20.11
Livrable : Modélisation d'une architecture de la masse : diagrammes (chorégraphie des masses), registre (quantitatif), maquette volumétrique et de détail (diorama)
SEQUENCE 04 : FETICHISATION
Le spectacle de l'accumulation
> Synopsis, 18.12
> Dispositifs, 08.01 / 15.01
> Spectacle, 22.01 (rendu final)
Livrable : Animation de l'architecture via une installation / performance (photos, videos...) et exposition des dispositifs ayant servi à réaliser l'animation
Mode d'évaluation
1. Contrôle Continu (CC - 40 %)
Le contrôle continu évalue la progression tout au long du semestre à travers la participation aux séances d’atelier, la qualité des rendus intermédiaires et l’implication dans la dynamique collective.
Critères d'évaluation :
- Cohérence du processus de projet et pertinence des expérimentations engagées.
- Pertinence du récit par rapport aux thèmes du studio et au contexte territorial.
- Qualité des représentations graphiques et des documents produits (plans, maquettes, photogrammes, textes, etc.).
- Pertinence et précision du discours oral et écrit.
- Participation active aux discussions collectives, attention portée aux échanges et à la construction d’une intelligence partagée du projet.
- Capacité à convoquer et articuler d’autres champs (sciences humaines et sociales, environnement, arts, littérature, etc.) au projet d’architecture.
- Capacité à manipuler plusieurs médiums (texte, image, film, maquette, dessin, etc.) et à articuler plusieurs échelles, du détail au territoire.
2. Contrôle Terminal (CT - 60 %)
Le contrôle terminal comprend :
- Le rendu final devant jury (40 %), évaluant la capacité à synthétiser et présenter le travail accompli.
- La restitution du livret et des photos (20 %), qui témoignent de la cohérence du parcours et de la mise en forme critique du semestre.
Critères d'évaluation :
- Qualités architecturales, spatiales, matérielles et constructives du projet.
- Cohérence du propos et clarté du récit présenté au jury.
- Pertinence du dispositif de représentation et de communication (maquettes, planches, extraits filmiques, etc.).
- Capacité à situer le projet dans un ensemble de problématiques contemporaines — politiques, écologiques, économiques, scientifiques.
- Qualité du livret et/ou du film en tant que synthèse critique du semestre, révélant la continuité entre processus, récit et projet.
- Capacité à interroger les représentations établies et à proposer des formes nouvelles d’expression architecturale.
Travaux requis
TRAVAUX PERSONNELS
Collection, Cartographie manifeste, Récit, Dessins dont diagrammes, Maquettes dont diorama, Photos / videos, Installation
TRAVAUX COLLECTIFS
Compilation des travaux du semestre sous la forme d'un livret d'atelier
E912 : Transitions F. Audigier – Atelier Mermoz
Objectifs
Face aux enjeux environnementaux et climatiques actuels et à l’évolution des pratiques architecturale et urbaine qu’ils induisent, le sujet de l’atelier de projet (S7/S9), inscrit dans le domaine d’études 'Transitions', propose aux étudiantes et étudiants de master de réfléchir aux manières dont l’architecte – avec les outils qui sont les siens – peut participer à régénérer le patrimoine immobilier résidentiel issu des années du second après-guerre, au regard de son architecture, de son habitabilité, de ses usages, et de son inscription urbaine.
Parce que le contexte contemporain intime aux architectes de moins construire et qu’il les invite à davantage travailler sur l’adaptabilité des constructions, parce que cette réalité caractérise déjà l’activité des architectes et qu’elle caractérisera demain – de manière encore plus significative – l’essentiel de leur travail, le sujet soumis à la réflexion des étudiantes et étudiants dans le cadre de cet enseignement de projet se fonde sur l’hypothèse que la pertinence des réponses qui pourront être formulées puisse se fonder sur la recherche de manières de faire qui permettront – aussi – de ne pas renoncer à l’architecture, à sa conception et à sa mise en œuvre.
En considérant ces enjeux, différentes approches seront envisagées et expérimentées sans a priori, mais en portant sur elles un regard critique, par exemple en interrogeant les échelles du réemploi. Dans le même esprit, les fondamentaux de l’architecture seront mobilisés, afin de chercher à dessiner la cohérence d’une proposition d’intervention inscrite dans une architecture existante et composant avec elle pour la faire perdurer tout en la régénérant.
Contenu
Le projet consistera à investir un immeuble résidentiel construit à Rennes dans les années 50’s, en vue d’en proposer l’adaptation aux modes de vie contemporains, voire aux aspirations résidentielles.
La démarche prospective composera avec plusieurs manières d’intervenir : l’accommodation et la continuation. Ainsi s’agira-t-il, d’une part, de concevoir la restructuration de deux niveaux (à considérer comme prototypes de la démarche) et, d’autre part, de dessiner l’extension de cet immeuble, afin d’en parachever l’inscription urbaine.
L’accommodation s’intéressera à la question typologique et portera sur une partie de l’immeuble (en tant que prototype d’une démarche à élaborer). Elle passera par un bilan critique des appartements existants, du point de vue des usages, des qualités d’ambiances, des partitions, des distributions, des réseaux et de la structure. Sur la base de ce bilan critique, l’adaptation aux usages résidentiels contemporains passera – pour la partie ouest de l’immeuble – par une restructuration (horizontale, verticale ou mêlant ces deux dimensions) des appartements existants et – pour la partie est de l’immeuble – par la restructuration combinée à une extension.
La continuation conduira à investir les parcelles mitoyennes sur lesquelles il s’agira de concevoir une extension à l’immeuble, notamment pour proposer de le compléter par des usages collectifs faisant aujourd’hui défaut : espace pour les boîtes aux lettres, locaux pour les poubelles, les vélos, etc., en intégrant également au rez-de-chaussée quelques éléments urbains, ainsi que pour offrir une extension aux appartements à adapter de la partie est. Cette extension devra permettre de répondre aux questions d’accessibilité pour toutes et tous ; le cas échéant, elle pourra aussi accueillir un ou deux nouveaux appartements à concevoir. Elle aura aussi pour enjeu de parachever l’accroche urbaine de l’immeuble en considérant sa présence dans le paysage du quartier, eu égard à la perspective depuis le boulevard. En résumé, cette extension permettra :
- d’étendre certains appartements, voire d’en créer de nouveaux ;
- de compléter le programme initial par plusieurs espaces collectifs absents ;
- de répondre à des enjeux d’accueil, de distribution et d’accessibilité ;
- d’intégrer la présence d’éléments urbains, afin d’envisager la relation ville – architecture.
L’atelier sera organisé en trois séquences qui permettront de structurer la démarche, sans toutefois considérer celle-ci comme linéaire, car le travail prospectif ne sait être autrement qu’itératif.
. La séquence 1 amènera les étudiantes et étudiants à constituer une base de travail à la fois documentaire et critique : préalable nécessaire à l’élaboration du projet, en investiguant l’histoire de l’habitation au regard des modes de vie et des modes d’habiter, afin de mettre en perspective les standards des années 50’s et les modes de vie (ou les désirs) contemporains, en identifiant les qualités et défauts de l’immeuble existant en tant que réalité physique et structurelle. Cette séquence ouvrira à l’exploration de la dimension ontologique de l’Habiter.
. La séquence 2 conduira les étudiantes et étudiants à poursuivre l’exploration de cette dimension ontologique pour parvenir à dégager 'l’idée forte' d’une proposition de projet combinant accommodation et continuation. Le travail investira la dimension évocatrice du programme, en s’attachant au récit et à son interprétation spatiale à l’échelle architecturale comme à l’échelle urbaine. Cette séquence prendra appui sur le bilan critique ayant permis de mettre en évidence les fonctionnements aux échelles de l’immeuble et de son contexte d’inscription.
. La séquence 3 conduira les étudiantes et étudiants à déployer les outils de régénération du bâti existant au regard des questions typologiques, fonctionnelles, constructives, etc., en articulant restructuration et extension.
Mode d'évaluation
L’évaluation continue du travail prospectif donnera lieu à 3 restitutions intermédiaires (CC = 3 x 15% = 45%) que complètera la restitution finalisée du projet (CT = 55%). L’évaluation continue (CC) prendra aussi en compte l’implication de chacun tout au long du semestre (assiduité, ponctualité et participation active à l’atelier ainsi qu’à la journée portes ouvertes de l’ÉNSAB). L’évaluation en fin de semestre (CT) sera répartie comme suit : le projet et sa présentation devant un jury auquel participeront des personnalités extérieures (à hauteur de 40%) et la restitution soignée de l’ensemble des éléments produits (à hauteur de 15%) à l’issue du jury.
Les critères au regard desquels la proposition de projet sera considérée et évaluée sont au nombre de 5 :
- Des intentions argumentées, éprouvées, exprimées par tout médium (textes, dessins, images, maquettes, etc.)
- Une démarche prospective nourrie par la réflexion, des recherches et des expérimentations personnelles
- Une proposition architecturale démontrant des capacités à composer des univers mêlant matière et pensée
- Des représentations témoignant d’une sensibilité architecturale et de connaissances constructives
- La qualité de l’ensemble des éléments produits pour communiquer une proposition de projet et exprimer une manière d’envisager l’architecture (existante comme à venir).
Travaux requis
Nonobstant le fait que certains apports y seront dispensés, l’atelier sera le lieu où mobiliser et faire s’articuler les enseignements, les acquis et les expériences de l’ensemble des disciplines concourant à l’élaboration du projet architectural et urbain. Une participation active, créative, assidue et enthousiaste aux journées d’atelier est vivement souhaitée. L’élaboration du projet architectural et urbain mobilisera la pluralité des outils conceptuels et tangibles de l’architecte : textes, croquis, dessins, images fixes ou animées, maquettes, etc. Au sein de l’atelier, les idées devront pouvoir être partagées et mises en débat tout au long du semestre, afin d’être exprimées, expérimentées, argumentées, développées, dessinées, modélisées jusqu’à la présentation devant un jury et la publication qui s’en suivra.
E912 : Transitions J. Tournaire – Ecologies du mitoyen
Objectifs
ECOLOGIES DU MITOYEN
Ce semestre S7/S9 amorce une série de projections sur la métropole de Rennes, envisageant la réhabilitation anticipée de son patrimoine de la fin du XXe siècle voire du début du XXIe comme le levier de sa transition vers des manières d'habiter plus soutenables.
Contenu
RENNES MITOYENNE
Entre 1950 et 2000, la superficie urbanisée de la ville de Rennes a fait plus que doubler, passant de 1380 à 3121 habitant·es. Aux logements de masse des années 1950-60 succèdent rapidement des opérations moins denses concentrées au sein de ZAC mixtes et fortement végétalisées. A partir des années 1970 surtout, se déploient en série petits collectifs et maisons groupées, puis maisons individuelles en lotissement. Ainsi, ¼ des maisons individuelles de la métropole se situent au sein de la ville de Rennes et 53% de ce pavillonnaire a été construit entre les années 1970 et 2005. Il se distingue notamment de celui du reste de la métropole par la prédominance de tissus jointifs c'est-à-dire de formes d'habitations mitoyennes et continues.
Conçu pour se démarquer des grands ensembles, ce patrimoine incarne une forme d'utopie spécifique de la fin du XXe siècle sur la manière d'habiter la ville et sur la manière de faire la ville à partir du logement. Inscrit dans les réflexions nationales sur l'architecture et le logement issues du Plan Construction et du PAN (Programme d'Architecture Nouvelle), il instaure une vague de renouveau typologique repensant l'intérieur du logement mais aussi son imbrication avec une large offre d'équipements, de commerces et d'espaces végétalisés. Aujourd'hui englobé au cœur de la ville-archipel, il profite en plus de toutes les aménités métropolitaines dont les transports en commun.
Encore assez peu investies par la recherche, ces formes d'habitations individuelles denses ou mitoyennes des années 1970 à 2000, dont certaines ont déjà subi une vague de rénovation quand d'autres sont en attente de réhabilitation, présentent par les qualités sus-énumérées, de forts potentiels pour anticiper et projeter la ville post-carbone. Elles rencontrent en outre des problématiques qui leur sont propres comme le vieillissement conjoint du bâti et de leurs habitant·es avec une sous-occupation importante des logements. Ce semestre de master sera ainsi consacré à la réactualisation de leurs aspirations utopiques eu égard aux évolutions sociétales et climatiques en cours et à venir. Le studio de projet fera l'hypothèse que cette typologie d'habitat, telle que déployée au sein de Rennes, est la source d'une écologie urbaine singulière, une écologie du mitoyen. Il investira pour cela la mitoyenneté comme une échelle intermédiaire, entre l'individuel et le collectif, pouvant mener à la reconsidération des usages, de la gestion des ressources et des logiques de transformation du bâti.
La transformation de ces situations de mitoyenneté rennaise nécessite de prendre position sur une série de thématiques - MITOYENNETÉ, SÉRIES, CONFORTS, USURES, PRÉVOYANCES - étroitement liées aux caractéristiques intrinsèques de ces formes d'habitat. Ces thématiques sont une manière de penser conjointement des problématiques plus larges comme l'évolution des modes de vie, l'impact des révolutions technologiques sur l'habiter et l'habitat, la préservation de la biodiversité et du vivant en ville, etc. Selon les sensibilités de chacun·e, pourront ainsi être mises davantage en avant les dimensions sociologiques (évolution de la famille, du travail, questions du genre, du soin...), constructives ou techniques (les ressources, les matériaux bio-sourcés, la mise en œuvre, le remploi, la réparation...), écologiques (le vivant, la biodiversité...), de gouvernance (échelle du commun, reconsidération de la propriété...) etc.
DEROULEMENT DU SEMESTRE
Le semestre se déroule en six séquences : PORTRAITS, FABLES, ACCESSOIRES, EPAISSEURS, MOTIFS, PALLADIUM
Les deux premières séquences intitulées PORTRAITS et FABLES consistent en la délimitation et le dessin des situations de projets ainsi qu'en leur projection dans un futur lointain. Pour ces séquences, l'axonométrie, le collage, la photographie et l'écriture seront les médiums privilégiés.
Les trois séquences suivantes intitulées ACCESSOIRES, EPAISSEURS et MOTIFS concernent la conception de dispositifs transitionnels permettant de penser l'adaptation des habitations aux projections dépeintes dans les fables de la première séquence. Pour ces séquences, seront mobilisés la maquette, la photo de maquette et le dessin de détails.
Enfin, une dernière séquence intitulée PALLADIUM consiste en la compilation des éléments pensés jusque là de manière fragmentaire. Il s'agira notamment de réfléchir à un élément / un document permettant de garantir la durabilité des transformations dans le temps, en anticipant en outre l'horizon de leur obsolescence.
Mode d'évaluation
L’évaluation continue du travail donnera lieu à 2 restitutions intermédiaires (CC = 2 x 20%= 40%). Cette évaluation continue prendra également en compte l'implication de chacune tout au long du projet (régularité, participation aux corrections collectives...). L’évaluation en fin de semestre (CT) comptera pour 60% de la note finale et sera répartie comme suit : le projet et sa présentation devant un jury auquel participeront des personnalités extérieures (à hauteur de 50%) et la restitution de l’ensemble des éléments produits sous la forme d'un livret (à hauteur de 10%).
L'ensemble des travaux seront évalués selon cinq critères d'évaluation :
- Clarté des intentions, du processus et des protocoles
- Pertinence du récit par rapport au contexte territorial
- Qualités architecturales, spatiales, formelles et matérielles
- Qualités de la représentation des planches et des maquettes
- Qualités et pertinence du discours, maîtrise des notions employées
Travaux requis
TRAVAUX PERSONNELS
Axonométries, Photographies, Maquettes, Récits et dessins divers, journal intime
TRAVAUX COLLECTIFS
Compilation des travaux du semestre sous la forme d'un livret d'atelier
E912 : Traversées n°1 – S. Penfornis/J. Lafon
Objectifs
STUDIO VALLEEs
Atelier urbanisme et paysage
Equipe pédagogique :
Jeanne LAFON (ATR)
Sébastien PENFORNIS (VT)
L’atelier propose de mener une réflexion prospective sur le devenir d’un territoire fluvial situé le long de la Vilaine au sud de Rennes, entre Bourg des Comptes et Guipry Messac.
Nous souhaitons questionner le devenir d’un espace urbanisé situé en troisième couronne de la métropole Rennaise et qui est régulièrement soumis à des inondations.
Il s’agira de clarifier les enjeux liés à l’aménagement de ce territoire dans une perspective à moyen et long terme.
Le studio propose un cadre prospectif pour imaginer les futures mutations de ce territoire :
- Quel est le devenir du concept de ville archipel ?
- Comment combiner attractivité du territoire, proximité de Rennes Centre avec la présence de gares, densification urbaine et préservation des paysages ?
- Comment habiter avec le risque dans un territoire hydraulique et une géographie de vallées.
- Quelles adoptée pour le futur : retrait/déplacement des secteurs urbanisés situés en zone inondable ou protection / adaptation de l’existant ?
Notre approche s’appuiera initialement sur une reconnaissance de l’identité du grand paysage de la Vilaine et de sa géographie ainsi que des formes d’habiter ce territoire.
Quel sera le cadre de vie à imaginer en 2100 pour ce secteur ?
Comment anticiper, accompagner, orchestrer ces transformations ?
Quelles seront les capacités de résilience de ce territoire ?
Nous souhaitons explorer des pistes de projets à diverses échelles pour aboutir à la fabrique d’un artefact architectural, un objet démonstrateur en mesure d’incarner nos réflexions.
A l'issue d’une phase d’étude à l’échelle territoriale, urbaine et paysagère, il s’agira de faire émerger un espace de projet, dont l’échelle reste libre, pour ensuite définir un programme.
Nous proposons d’initier notre démarche de projet par une première phase d’analyse du territoire qui s’opère par une traversée des échelles, et dont l’objectif sera d’aborder différentes problématiques qui à la fois dépassent le cadre du projet architectural et qui, dans un même temps, vont en définir les conditions et esquisser les contours.
Les attentes pédagogiques de cet atelier sont les suivantes :
• Compréhension d’un territoire habité et de ses dynamiques de transformations, à la fois spatiales, socio-culturelles et temporelles.
• Mise en relation d’un site avec un programme.
• Fabrique d’une architecture située et ancrée dans son territoire.
Thématiques / mots clés
Porosité / imperméabilité
Ouverture / Fermeture
Artificiel / vivant
Marges –limites - frontières –
Ressources
Résilience / adaptation
Contenu
Objectifs et ambitions
Les différents travaux à produire durant le semestre seront réalisés en groupe, binôme et/ou personnel.
Nous voulons valoriser votre créativité et vous appuyer dans la démarche de projet. Nous attendons aussi de votre part une forme d’autonomie dans ce processus. Ce semestre s’inscrit dans la continuité de l’atelier de licence 3, Territoire et utopie, et nous souhaitons être surpris par votre capacité à vous engager dans le faire. Sous diverses formes, nous voulons soutenir les démarches exploratoires, promouvoir la recherche par le projet et initier les prises de risque.
Attentes
VOIR / COMPRENDRE / ARPENTER
- Lecture sensible du territoire parcouru et sa traduction par différents médiums : Cartographies maquettes, dessins, vidéos, textes…
- Reconnaissance et compréhension du contexte territorial et de ses enjeux.
- Identification des composants du paysage et des espaces habités.
FAIRE / EXPLORER / METTRE EN RÉCIT
- s’engager dans la fabrique d’une vision (spatiale, programmatique, politique) pour transformer un site.
. Choix d’ancrage et posture de projet dans un grand site.
. Articulation des enjeux liés au contexte et au programme.
. Cohérence de la démarche de projet.
- capacité à comprendre l'emboîtement des échelles et le phasage des actions à mener.
- Prise de risque et engagement.
REPRÉSENTER / COMMUNIQUER / DISSÉMINER
- Représentation et communication du projet.
- qualité, clarté et précisions des pièces graphiques
-Capacité à explorer des modes et des outils de représentation.
4 étapes / 15 séances
Temps 1/ March Atlas 5 séances
Temps 2/ Imaginaires 2 semaines
Temps 3 + Temps 4 / vision + publication 8 semaines
Mode d'évaluation
CONTROLE CONTINU : 25% (Temps 1 + Temps 2)
L' investissement, la pertinence et qualité des réflexions et, les recherches,
la production hebdomadaire et la progression sont prises en compte dans l'évaluation des séquences.
T1_ATLAS 25% - Restitution cartographique ou plastique d'une vision du site (Analyse, enjeux)
T2_IMAGINAIRE 10 % - Identification d'un site d'intervention et création d'une petite architecture (dessins, maquettes, photomontages)
T3_VISION + T4 PUBLICATION 75 %
Présentation orale, pièces graphiques + maquettes + plans et coupes 1/200e
Travail collectif + individuel
Travaux requis
Temps 1/ fabrique d'un Atlas 5 séances
Temps 2/ Imaginaire : dessins, maquettes et photo montage 2 semaines
Temps 3 + Temps 4 / vision : plans, coupes au 1/200 ème + publication 8 semaines
E912 : Traversées n°2 (MOUI) – Véronique Zamant/Paul-Eric Schirr Bonnans
Objectifs
Désirs de territoires.
Habiter le risque,
pour faire territoire commun.
Le cas du territoire des Vallons de Haute Bretagne Communauté
À partir de la révision du plan local de l’habitat et dans le cadre d'un partenariat avec la communauté de communes Vallons de Haute Bretagne Communauté (VHBC) d’une part et avec la Région Bretagne d’autre part, cet atelier a comme objectifs pédagogiques :
L’élaboration imbriquée et prospective, d’une stratégie urbaine d'aménagement territorial et d’un projet architectural (stade esquisse), inscrit dans la réalité d'une commande et capable de la questionner. Le projet architectural est défini en lien avec la stratégie urbaine, donnant ainsi naissance à une architecture contextualisée. La programmation urbaine influence le devenir du tissu urbain et des formes bâties qui s’y inscrivent. Et inversement, le projet architectural influe sur le devenir du territoire au sein duquel il s’inscrit.
L’expérimentation critique, des étapes et codes de la conception en interaction avec les attentes des acteurs locaux. L’objectif est, dans une perspective professionnalisante, de rendre opératoire les orientations d’une MOA tout en imaginant des devenirs innovants. Les rencontres de terrain permettent à chaque étudiant d’être en contact direct avec les différents acteurs du territoire (élus locaux, commerçants, habitants, entreprises, milieux associatifs, architectes et paysagistes impliqués), de réfléchir aux outils et méthodes employés actuellement en matière d’aménagement et de questionner leur adaptabilité pour penser le territoire et l’architecture de demain.
La coopération interdisciplinaire par un travail de projet réalisé en équipe d’étudiants issus de champs universitaires variés (géographie, architecture, sociologie, droit, aménagement, urbanisme, etc). L’enjeu est de maintenir la co-conception du projet tout au long du semestre et d’aboutir à un projet final enrichi de la multiplicité des regards.
L’encadrement pédagogique sera assuré par Véronique Zamant (resp; architecte urbaniste) et Paul-Eric Schirr-Bonnans (co-resp; architecte) assistés de Jean-Marie Fournier (écologue).
Contenu
PARTENARIATS : Recherche et innovation en contexte péri-urbain.
Pour investir les champs de la recherche et de l’innovation sur l’habitat dans un environnement appelé à être résilient, un partenariat pédagogique a été formalisé avec VHBC d’une part et la Région Bretagne d’autre part.
Le territoire de la communauté de communes des Vallons de Haute-Bretagne forme depuis 2000 avec ceux de la CC Bretagne porte de Loire, le Pays des Vallons de Vilaine. En cohérence avec le SRADDET de la région Bretagne (2021) et ses modifications (2024 et 2026), la révision en 2025 du SCOT des Vallons de Vilaine place l’habitat comme un enjeu central au croisement avec ceux fonciers, énergétiques, climatiques et sociaux.
Dans cette perspective, VHBC travaille à la révision de son Plan Local d’Habitat (PLH) pour relever des défis qui reflètent la diversité des situations socioéconomiques composant son territoire : résidentialisation, vacance de l’habitat ancien, inadéquation de la taille et du prix des logements aux profils des habitants, vieillissement de la population, réduction de la consommation de foncier, ...
Cette diversité socio-économique se traduit par une pluralité d’activités et de typo-morphologies architecturales.
Son territoire est également caractérisé par une diversité de situations paysagères qui en font la richesse tout en démultipliant les défis environnementaux auxquels faire face : sécheresse, inondations, îlots de chaleur, appauvrissement des sols, ...
Au-delà d’objectifs d’aménagement, c’est à un défi de ménagement auquel se trouvent confrontés les acteurs locaux. Penser de nouvelles formes péri-urbaines de l’habiter devient le levier pour accompagner la mutation résiliente d'un territoire, pris d’une part entre des risques liés au climat et d’autre part une nécessaire évolution des modes d’habitat.
Ces paramètres géo-climatiques, socioéconomiques et fonciers imposent de réfléchir au devenir du territoire des Vallons de Haute-Bretagne et aux manières (formes et usages) de l’habiter.
Habiter autrement peut-il contribuer à regénérer des sols pour être résilient face aux risques climatiques ? Inversement, porter attention à la régénération des sols peut-il ouvrir à d’autres manières d’habiter ? Et finalement, partager la diversité des manières d’habiter le risque peut-il contribuer à faire territoire commun ?
Au regard de l'ensemble des éléments contextuels présentés, VHBC mesure l’urgence de repenser l’habiter au prisme des risques environnementaux, pour faire territoire commun. La révision du PLH permettra de poser un cadre clair dans lequel figureront les objectifs sociaux, économiques et fonciers en dialogue avec les composantes climatiques. L'atelier “Désirs de territoires” se présente dès lors comme une étape de cette réflexion territoriale partagée.
Dans le cadre de ce partenariat, le travail des étudiants (master Ensab & master Moui de Rennes 2) sera nourri par l’intervention de professionnels et par une enquête de terrain sur sites pendant deux jours. Il fera par ailleurs l’objet d’une valorisation et d’une restitution sous forme de publications.
Au travers de ce partenariat pédagogique, l’atelier de projet propose ainsi de confronter les étudiants aux problématiques contemporaines qui relèvent à la fois du territoire, de la ville et de l’architecture : densité, réversibilité, sobriété, ... Dans une mise en situation réelle, appelant de la part des étudiants une production sous la forme de projets paysagers, urbains et d’esquisses architecturales, cet enseignement vise à prospecter et à explorer un territoire en mutation, à bâtir des hypothèses d'intervention et à imaginer ses futurs possibles.
ENJEUX & HYPOTHESES : Prospective et utopie(s), au service des territoires
Outre la problématique de l’habitat et de la prise en compte des objectifs ZAN, l’atelier de projet “Désirs de territoires” accompagnera les étudiants dans une réflexion sur la mixité programmatique et la régénération des sols. Comment une réflexion sur l'habiter réversible et intensifié peut favoriser une régénération des sols et la résilience d’un territoire dont le futur est façonné par les effets du changement climatique. Pour apporter des pistes de réponse à cette problématique, les travaux des étudiants s’appuieront sur les caractéristiques du territoire de réflexion en reconnaissant la diversité des activités et usages, typo-morphologies et rapports au sol. Cette attention pour les sols et l’habiter devient le levier pour révéler VHBC comme territoire commun et partagé.
Ces axes thématiques orienteront le décryptage des outils réglementaires et opérationnels classiques de la fabrique des territoires pour dans un second temps expérimenter de nouvelles pratiques et méthodes d’aménagement favorisant des projets contextualisés, soutenables et durables.
Partant de l’hypothèse qu’incarner la transition socio-environnementale peut être appréhendé comme une opportunité pour inventer de nouveaux récits de territoires désirables, cet atelier devient le lieu d’élaboration de scenarii fictionnels permettant d’interroger l’évolution des modes de vie dans un contexte urbain, en posant des hypothèses critiques suivant une forme conditionnelle :
Si les crises sanitaires mondiales augmentaient la limitation des mobilités et que le télétravail se généralisait,
Si les crises énergétiques incitaient à des loisirs recentrés sur une échelle régionale voire locale,
Si la propriété foncière n’était plus le modèle dominant,
Si les filières des matériaux non renouvelables devenaient interdites,
Si l’évolution du climat transformait la Bretagne en lieu d’accueil des déplacés climatiques,
Si ls inondations, les submersions marines et le recul du trait de côte, accentuaient le repli des populations depuis les littoraux vers les intérieurs,
Si l’autosuffisance alimentaire et énergétique devenaient une injonction, …
Si le vivant et la terre-mère obtenaient des droits,
Si l’architecture était soumise au cycle de la matière vivante jusqu’à sa décomposition,
Si ...
… comment nos établissements humains, nos paysages, la gestion du foncier, la matérialité des projets construits et/ou rénovés, la densité, les dents creuses et les espaces publics, la gouvernance, ... s’en trouveraient-ils modifiés ?
Ces fictions « probables » invitent étudiants, élus, habitants et professionnels à se défaire d’une vision traditionnelle des territoires. Elles deviennent le levier pour se décentrer et se confronter aux profondes mutations en devenir, pour penser de nouvelles stratégies territoriales localisées et pour faire émerger des projets concrets, inventifs & partagés.
L’atelier aura pour objet la formalisation de ces « utopies concrètes ».1
PHASES
Le semestre d’atelier se structure en trois grandes étapes :
(1) Observer // Orientations
L’objectif de cette première étape est d’articuler perceptions subjectives, observations et connaissances pour construire un regard personnel et instruit sur le site et son territoire élargi. Les étudiants partent d’un diagnostic orienté et critique pour parvenir à la genèse d’une problématique de projet et formuler de premières intentions.
Cette étape comporte notamment :
Immersion collective in situ
Analyse sensible et diagnostic critique
SWOT et orientations
(2) Hériter // Vision & Figurations
Durant cette seconde étape, les étudiants partent de leurs intentions problématisées et des caractéristiques du territoire d’intervention pour élaborer, à partir d’un concept et d’un récit prospectif, des stratégies d’aménagement construisant les conditions du projet urbain puis architectural.
Cette étape comporte notamment :
Récit prospectif2 territorialisé
Énoncé du concept urbain en réponse à la problématique de projet
Stratégies d’aménagement
Schéma d’intentions urbaines
Identification des secteurs à enjeux ou élaboration de scenarii
> Rendu intermédiaire
(3) Inventer // Formalisations
Durant cette dernière étape, les étudiants formalisent leur projet paysager, urbain et architectural. Ils précisent leurs choix favorisant l’invention de nouveaux modes d’habiter les quartiers d’activité et de produire en ville.
Cette étape comporte notamment :
Prescriptions architecturales, urbaines et paysagères
Plan masse urbain
Esquisse architecturale
> Rendu final
Mode d'évaluation
Des présentations sont faites à chaque séance et partagées en format pdf sur un drive. Elles comprennent des capsules théoriques et la mobilisation de cas d’études sur les notions et la démarche transmises.
Mode d'évaluation
L’évaluation se fait individuellement et par groupe.
Chacune des évaluations fait l’objet d’un contrôle continu et d’un contrôle terminal répartis comme suit :
Note individuelle 40%
Assiduité, participation, implication 20% (CC1)
Analyse de références 20% (CC2)
Rendu final projet individuel 60% (CT)
Note de groupe 60%
Dynamique 10% (CC1)
Rendu intermédiaire 30% (CC2)
Rendu final 60% (CT)
Travaux requis
Les étudiants seront amenés à produire :
- un diagnostic critique et orienté permettant d’acquérir une connaissance fine du contexte territorial et de celui de la commande, à partir de l’identification et de l’analyse des caractéristiques matérielles et immatérielles qui constituent l'écosystème naturel, social, culturel, ... local.
- une analyse menée au croisement des échelles spatiales (de l’édifice au grand paysage) et temporelles (passé, présent, futur) pour mettre en débat les pratiques actuelles d’aménagement du territoire et leurs résultats
- un récit projectuel et prospectif (récit politique, social, environnemental et économique) basé sur un changement de paradigme sociétal fort. Ce récit fictionnel sert de toile de fond à la démarche de projet urbain, architectural et paysager.
- un concept
- des stratégies, intentions et scénarios permettant de spatialiser le récit fictionnel.
- un projet de transformation spatiale nourri des enjeux de la transition socio-environnementale et de la sobriété foncière, pour réinventer les manières d’habiter, de travailler et de produire en ville, et pour renouveler le répertoire des formes bâties, urbaines et paysagères existantes.
Le détail des travaux à rendre, de leur format de restitution et des critères de notation est partagé en début de semestre en atelier.
E911 : Théorie de l’architecture
Objectifs
Théorie du projet
M2 S9 – Cours 2h + TD de préparation du PFE 2h. 6 séances de 4h.
Enseignant cours magistral : Julie Flohr
Enseignants TD PFE selon DE : Loïc Daubas ; Vincent Gouezou ; Sébastien Penfornis ; Mathieu Le Barzic
Chaque enseignant de DE est amené à proposer sa propre logique d'enchainement des séances et attendus, en vue d'un rendu final à évaluer par chaque enseignant en fin de semestre).
Contenu
Ce cours développe les théories qui traversent la discipline architecturale, au service d’une recomposition intellectuelle visant le soutien d’un travail en conception architecturale dans le contemporain.
Ensemble, nous travaillerons à partir des textes, des figures, des institutions, des collections et archives qui ont organisé de la matière architecturale et critique (textes, maquettes, films, conférences et entretiens). Ces documents seront ceux qui permettront de faire exister un regard critique, construit, en décalage, et qui permet de mettre en regard des sujets et méthodes contemporaines. La question de généalogies d’architectes et de leurs théories sera abordée, sans opérer de distinction entre la question de l’architecture et celle de la constitution de la ville.
Le corpus s’organise à partir des cultures occidentales depuis la tradition humaniste, les traditions Européenne et Nord-Américaines, avec les livres et traités d’architecture qui les ont accompagnés, et une ouverture sur des projets issus de l’architecture contemporaine japonaise.
Le cours privilégie comme matière première d’expérience, d’analyse, et de recherche, le visionnage de conférences données par des figures de la critique architecturale, ainsi que celles issues de la pratique critique de l’architecture de grands architectes dont l’œuvre est reconnue, allant de leur périodes d’émergence, à la trajectoire développées de longues carrières.
Six séances dont les intitulés sont :
1 Les traités 24/09
2 Modernité et relectures 08/10
3 Gagner le concours, avec Rem Koolhaas 22/10
4 Panorama contestataire des années 60 aux années 80 05/11
5 Immatériel Immatériaux 19/11
6 La représentation architecturale du contemporain 03/12
7 Séance d’évaluation des acquis de méthode courant janvier 2026 (du 5 au 9 Janvier)
Mode d'évaluation
Pour le CM : évaluation : contrôle terminal
Travail personnel durant les 6 semaines
Restitution de 2 fiches synthétiques, suite à l’écoute complète d’une conférence, qui seront choisies parmi une liste commune et suivant les intérêts des étudiants, possiblement en lien avec l’amorce de leurs sujets/recherches en cours pour le pfe, alimentant possiblement les séances de TD.
Exercice de sortie, sur table
Demande de production écrite dans laquelle l’étudiant mène individuellement un travail d’écriture suite à une analyse en binôme d’un jeu de documents qui comprends un écrit et un ensemble de dessins d’architecte choisis par l’enseignant. Trois ensembles textes/dessins seront proposés par l’enseignant. 45 min pour l’analyse, 1h15 pour la rédaction.
Pour le TD : évaluation : contrôle continu
Rendu du livret – à évaluer par les 4 enseignants de TD.
Les attendus pour le contenu du livret sera à préciser par chaque enseignant de TD
Les critères d’évaluation seront à préciser par chaque enseignant de TD
La note pour valider l’enseignement sera donnée par chaque enseignant de TD
La consigne générale est que le livret doit contenir des parties théoriques rédigées afin de pouvoir valider le cours dans son ensemble.
Les thèmes, les problématiques, le contenu et corpus, ainsi que les outils de projets abordés pendant le cours magistral devront être employés, mis en discussion, pendant la rédaction du livret.
| ECTS | Cours | TD | Pondération |
|---|---|---|---|
| 1crédits | 12heures | 12heures | 10% |
Mathieu
Le Barzic |
|||
E911 : Groupe 1 : (Hybridations)
Objectifs
L'objectif général de ce TD associé à la Théorie de l'architecture du S9 est la préparation au PFE du S10. Six séances, entre septembre et les vacances de Noël, permettront de réduire les incertitudes du PFE. Des collègues du D.E se prêtent gracieusement à l'exercice des discussions libres, permettant à chacun de voir un référent à chaque séance. Il faudra résumer ces échanges puis les mettre en annexe du livret.
Le rapport du PFE au mémoire de recherche Master sera clarifié.
Contenu
Tout contenu utile (domaine architectural, littérature, arts plastiques, domaines scientifiques, etc) sera présenté pour éviter les phénomènes de fixation ou de limitation au profit d'une démarche d'émancipation.
E.G. : Ici une distinction entre l’artiste et le scientifique selon Ursula Le Guin permettant de dissoccier l'approche du projet d'architecture de l''approche recherche, différentes mais complémentaires :
« La science décrit avec précision de l'extérieur, la poésie décrit avec précision de l'intérieur. La science explique, la poésie implique. Toutes deux célèbrent ce qu'elles décrivent. Nous avons besoin des langages de la science et de la poésie pour nous éviter de nous contenter d'accumuler des 'informations' sans fin qui n'informent pas notre ignorance ou notre irresponsabilité.»
(Le Guin, 2014.p.2), préface de Late in the day. Trad. Gouezou
Ursula K. Le Guin Keynote speech for Anthropocene Conference: “Arts of Living on a Damaged Planet”
Mode d'évaluation
Un support de cours accompagnant l’élaboration du livret est disponible en ligne sur l'équipe Teams dédiée
Mode d'évaluation
TD sous forme de contrôle continu du livret et de son annexe en deux notes:
Une note majeure portant sur le livret de quatre pages minimum
Une note mineure portant sur la qualité de l'annexe au livret (pour rappel, votre résumé de chaque échange avec un.e enseignant.e)
Travaux requis
Un livret au format A5 comporte les livrables suivants (* = obligatoire)
Titre*
Sous-titre*
Illustration*
Mots-clés*
Résumé*
Références architecturale* (programme, site, méthode, approche,etc.)
Références extra architecturale* (littérature, cinéma, sciences, art contemporain, etc.)
Rapport PFE/mémoire
Problématique de PFE* (> à 40 lignes ou 3000 signes)
Principes écologiques*
Site (deux sites attendus, un majeur, un alternatif)*
Programme(s) possible(s) (références comparables)*
Lectures préliminaires*
Feuille de route ou retro-planning possible
Contributions au(x) domaines de conception
Programme(s) possible(s) (référence comparable)
Lectures préliminaires*
Feuille de route
E911 : Groupe 2 : (Instrumenter)
Objectifs
Dans le cadre de ce TD, les étudiants esquisseront un sujet et une méthodologie de PFE, à l'articulation des acquis théoriques du cursus et des questionnements conceptuels individuels.
Contenu
Le PFE au sein du domaine d’étude instrumenter se situe dans la continuité des approches conceptuelles menées dans les atelier du DE. Il devra questionner le processus d’élaboration du projet architectural en affirmant une posture intellectuelle singulière. La finalité de cet exercice postule de la possibilité du projet architectural comme proposition spatiale et technique à l’articulation de divers champs de la connaissance et de la création.
La préparation du PFE, en alternance avec le CM sera constituée de 6 séances de travail collégial.
thématiques: exploration des références personnelles, atlas thématique, cartographie conceptuelle, élaboration d'une problématique, protocole et méthodologie, synthèse et débat
Mode d'évaluation
enseignement de TD: contrôle continu.
- atlas et cartographie: planches imprimées et PDF
- synthèse: livret pdf
Travaux requis
- atlas et cartographie: planches imprimées et PDF
- synthèse: livret pdf
E911 : Groupe 3 : (Transitions)
Mode d'évaluation
évaluation : contrôle continu avec deux notes.
Un rapport d’étonnement sera à produire d'environ une page sera à produire autour d'un sujet évoqué en CM et/ou en TD. il servira de matière à débattre en TD.
Une carte mentale sera à dessiner comportant les articulations des thématiques abordées dans le cadre d'un sujet de PFE. cette carte pourra utilisé des liens hypertexte afin de s'appuyer sur références théoriques et architecturales.
E911 : Groupe 4 : (Traversées)
Objectifs
L'objectif de cours est d'établir une synthèse des 4 années d'enseignement et d'en identifier un corpus propre à l'étudiants.
En sélectionnant une constellation de mots clés et des extraits des travaux réalisés à la fois en atelier mais aussi dans les cours théoriques, mais aussi les voyages et les lectures, il s'agira de révéler des thématiques de travail, des concepts, des outils, des références de projet, des ouvrages inspirants, etc...
Ce travail d'analyse sur sa propre pratique doit créer les conditions d'un échange avec l'enseignant et les autres étudiants/es du TD.
Les étudiants/es pourront ensuite d'appuyer sur ce travail pour nourrir et orienter leurs futures démarches de projet dans le cadre du PFE.
Contenu
Il y a 4 étapes de travail au cours du semestre
1 / constellation /
2/ Corpus /
3 / communauté de connaissance /
4 / espace critique et production du poster /
Mode d'évaluation
Evaluation : contrôle continu
Le rendu du TD est la production d'un poster au Format A2 qui synthétise les découvertes et identifie clairement les axes de travail et les questionnements en cours qui seront abordés dans le cadre du PFE. Ce rendu individuel fera l'objet d'une présentation orale devant le groupe.
Evaluation 1 : 25 % de la note finale et correspond à la qualité des pièces produites, des échanges, des réflexions et des découvertes lors des 3 premières étapes d'analyse
Evaluation 2 : 75 % présentation orale et réalisation du poster.
E911 : Groupe 5 : apprentissage
Objectifs
INTENTIONS
Cours de théorie (1H30)
Cet enseignement, spécifique au cursus d’apprentissage en M2, est envisagé comme une proposition de synthèse des enseignements théoriques et historiques du cursus en licence et master.
Le principe général est basé sur un parcours thématique interdisciplinaire entre le territoire l’architecture et la construction. Chaque séance est basée sur un rappel des courants de pensée spécifiques à chaque période articulé avec des apports théoriques plus contemporains. Cette approche doit notamment réactiver les outils critiques et conceptuels nécessaires à l’élaboration d’un projet de fin d’étude.
TD (1H30)
Dans le cadre de ce TD, les étudiants esquisseront un sujet et une méthodologie de PFE, à l'articulation des acquis théoriques du cursus et des questionnements conceptuels individuels. Le déroulé s’ancre dans un premier temps dans une exploration et une synthèse des références personnelles.
La deuxième phase abordera des outils méthodologiques permettant de structurer le travail de conception du PFE, en s’appuyant notamment sur l’autonomie de l’étudiant.
La mobilisation des ressources théoriques du CM est souhaitable.
Ces TD seront basés sur des échanges collectifs et des débats.
Contenu
CALENDRIER & THEMATIQUES
Indicatif : A préciser à chaque séance
Séance#1- 19/09/25 – Mathieu Le Barzic
CM : paysage & jardin
histoire de l'art, esthétique, artialisation, paysage, jardin, parcs, aménagements paysagers…
TD : références
Séance#2- 26/09/25 – Mathieu Le Barzic
CM : architecture et urbanité
Echelle urbaine, Renaissance, Nolli, ville XIX, Rossi, espaces publics …
TD : atlas/cartographie
Séance#3- 10/10/25 – Mathieu Le Barzic
CM : architecture XX, approche critique
avant-garde, rupture et continuité, Koolhas, Constant, transformations
TD : articulation site / références
Séance#4- 24/10/25 – Mathieu Le Barzic & Loic Daubas
CM : architecture XX, approche écologique
Ravereau, Prouvé, aalto, régionalisme critique, vernaculaire savant
TD : rendu intermédiaire/introduction PFE
Séance#5- 21/11/25 – Loic Daubas
CM : architecture XXI, la bascule
Voralberg, regional, SRU, grenelle, Reglementation thermique, esthétique, prix agan khan, Francis Keré, ana héringer, pritzker chinois
TD : problématique
Séance#6- 28/11/25 – Loic Daubas
CM : vers architecture XXII, approche prospective
constituant, paramètres, ministère du futur d'un point de vue urbain
TD : méthodologie, calendrier
Séance#7- 12/12/25 – Loic Daubas
CM : Territoires et architectures
bio région - aménagement du territoire, ressources, mobilités, travail, alimentation, Lewis Mumford, histoire de l'écologie de la ville
TD : séance de travail
Séance#8- 19/12/25 – Loic Daubas & Mathieu Le Barzic
CM : débat synthèse
TD : affichage évaluation
Mode d'évaluation
ORGANISATION ET EVALUATION
Chaque séance sera divisée en 1H30 de CM et 1H30 de TD.
Rythme du semestre (en alternance avec l'approfondissement): séances collégiales avec les deux enseignants à la 4ème et 8ème séance.
évaluation :
CM : contrôle terminal (examen sur table en janvier)
TD : contrôle continu, rendus à la 4ème et 8ème séance avec correction collégiale, rendu d'un livret de synthèse
E913 : Hybridations
Objectifs
Explorer le territoire d'une métropole européenne à travers des parcours, des rencontres, des visites présentant des bâtiments, des espaces publics, des lieux culturels stimulants pour les projets d'atelier de l'année.
Contenu
En octobre 2025, la ville d'Helsinki, en Finlande, est le support de cette exploration.
- Présentation de la ville, de son histoire et de son urbanisme avant le départ en voyage.
- sur place, 3 parcours urbains encadrés par les enseignants accompagnateurs
Mode d'évaluation
Intégré au contrôle continu de l'atelier.
Travaux requis
Rédaction d'un texte.
Choisir un espace qui vous a marqué lors de nos parcours à Helsinki. Dire en quoi ce dispositif est stimulant pour le projet d'atelier à venir en écrivant un court article entre 1500 et 2500 caractères articulant 2 ou 3 défis parmi les 10 défis de 'La ville pas chiante - Alternatives à la ville générique' d'Ariella Masboungi, Antoine Petitjean et 2 ou 3 concepts parmi les 9 concepts retenus pour présenter le domaine d'études 'Hybridations'.
Un soin particulier sera apporté à la sémantique des concepts retenus.
E913 : Instrumenter
Objectifs
La Triennale de Lisbonne constitue le contexte territorial et critique de ce semestre. Avec cette simple question « How heavy is the city ? », les commissaires John Palmesino et Ann-Sofi Rönnskog (Territorial Agency) cherchent à requestionner les contours de la « ville » et des forces qui la forment. Dans un contexte planétaire où la masse estimée de la technosphère (c’est-à-dire « l’ensemble des technologies déployées à grande échelle qui sous-tendent et permettent une exploitation rapide des ressources de la planète ») atteint plus de 30 trillion de tonnes, mesurer le poids d’une ville implique d’abandonner l’image d’une entité humaine dense entourée d’un espace indéfini « non-humain » pour une nouvelle esthétique capable d’enregistrer l’action et l’empreinte d’une multitude d’entités co-habitantes. Selon John Palmesino et Ann-Sofi Rönnskog, la ville est ainsi davantage à définir comme « un vaste système en expansion, propulsé par la dynamique des combustibles fossiles » qui peut être situé autant dans la terre et les profondeurs que dans le ciel, les forêts, les montagnes, dans la « reconfiguration des biomes et les micro-plastiques présents dans presque tous les animaux », dans « la fonte des neiges éternelles et des glaciers » etc...
La Triennale explore cette question au travers de trois « Thought exhibitions » (Latour). La première, intitulée FLUXES, se concentre sur les intersections des espaces artificiels - les vastes flux de matériaux, d’énergie et d’informations qui soutiennent l’humanité - avec les cycles fragiles et complexes de la Terre. La deuxième, nommée SPECTRES, se concentre sur les technologies d’imagerie nécessaires pour comprendre l’impact des espaces humains sur la planète et la manière dont ils font écho aux structures impériales et coloniales d’extraction et de pouvoir. La troisième, intitulée LIGHTER, indique des possibles chemins au travers du trouble de la technosphère : comment rendre la ville plus légère ? Via ces trois perspectives, les commissaires espèrent ainsi réactiver l’architecture comme potentiel dispositif d’accommodation d’une multiplicité d’êtres vivants, comme mise en forme de cohabitations renouvelées.
Contenu
Arpentage collectif de Lisbonne suivant les différentes thématiques de la Triennale
Visite de la Triennale et temps d'échanges autour de son contenu
Arpentage individuel selon les thématiques des projets déployées en séquence 01
Mode d'évaluation
Cf. Séquence 02 de l'atelier de projet
Travaux requis
Cartographie manifeste collective
Récit et collage fiction
E913 : Transitions
Objectifs
Le voyage d'études du DE Transitions abordera différents thèmes croisés en fonction des contextes:
. L’histoire du développement urbain et des politiques publiques de la ville choisie.
. Les politiques actuelles face aux enjeux contemporains.
. Les singularités portées par ces villes en terme de lieux d’expérimentations urbaines et/ou architecturales au XXe siècle.
. Les projets de requalification urbaine et de réhabilitation architecturale exemplaires
. L’influence du climat, des ressources matérielles, des savoir-faire etc... sur le projet architectural : expérimentations et enseignements
Contenu
- VISITES GUIDÉES
. Déambulations urbaines
. Visites de projets historiques et contemporains
. Visites de lieux de production de ressources locales et de valorisation de savoir-faire
- CONFÉRENCES SUR DES THÈMES PROPRES AU VOYAGE ET RENCONTRES AVEC DES ACTEURS DU TERRITOIRE EXPLORÉ
- SÉANCES DE CROQUIS / MATÉRIEL À EMMENER SUR PLACE:
. Carnet de dessin (de préférence format A4 - pas de trop petit format svp) pour pouvoir prendre des notes et dessiner.
. Matériel pour dessiner de votre choix.
. Carton à dessin A3 avec quelques feuilles de croquis pour se laisser la possibilité de dessiner en grand (feuilles croquis A3 ou demi-raisin max).
Mode d'évaluation
Carnet de l'ENSAB présentant le déroulé du voyage, à l’usage exclusif des étudiants du Domaine d’études TRANSITIONS
Mode d'évaluation
SÉLECTION DE PAGES DES CARNETS ET DES DESSINS PRODUITS SUR PLACE AU QUOTIDIEN
Ce carnet personnel pourra contenir tous vos dessins de voyage, ceux témoignant des œuvres visitées comme ceux saisissant les ambiances de la rue, d'un café, d'un marché, etc par lesquels vous seriez passés durant les temps libres proposés.
Ceci requerra:
. Une tenue rigoureuse de votre carnet de voyage
. Une prise de notes soignée et hiérarchisée
. Une observation attentive des lieux visités traduite par le dessin et les outils de représentation (plan, coupe, perspective, axonométrie, schémas).
Travaux requis
- LECTURES PRÉPARATOIRES AU VOYAGE
Il est demandé aux étudiant.e.s d'explorer la bibliographie proposée en début de semestre et de s'immerger dans le contexte de la ville choisie pour voyage d'étude préalablement au séjour.
E913 : Traversées
Objectifs
Développer sa culture architecturale, urbaine et paysagère
Approcher les emboîtements d’échelle par l’expérience in situ
Documenter un projet et le transmettre par l’écrit, l’oral, et le dessin.
Contenu
Pour l’année 2025-2026, le voyage d’étude du DE Traversées aura lieu à Emscher Park dans la vallée de La Ruhr en Allemagne.
Emscher Park est situé en Rhénanie du Nord, Westphalie.
Ce parc s’étend d’ouest en est, de Duisbourg à Dortmund sur une centaine de kilomètres, suivant deux affluents du Rhin : la Ruhr, au sud et l’Emscher, au Nord.
Ce territoire dans son ensemble est à comprendre comme le résultat d’une volonté politique régionale visant à restructurer une région industrielle en déclin vers une nouvelle cohérence économique, sociale, culturelle, écologique et spatiale.
À l’instar du Parc Naturel Régional Rance Émeraude qui fait l’objet des ateliers de projets du DE Traversées, l’Emscher Park se définit autant comme entité géographique que comme outil de gouvernance. En rassemblant les différents acteurs du territoire autour d’objectifs communs, ce dispositif a permis la planification de changements structurels de large échelle articulant la reconversion et la mise en valeur du patrimoine industriel, la restauration écologique des systèmes fluviaux, la mise en place de nouveaux modes de déplacements doux et une nouvelle orientation économique et culturelle pour la région. L’ensemble est structuré par une vision commune fondée sur l’identité du Parc et sa lisibilité spatiale. Cette stratégie s’oppose à celle de projets de reconversion réalisés au coup par coup : ici, chaque projet architectural,culturel, économique ou paysager s’inscrit dans une même vision et peut bénéficier par la même d’importantes levées de fonds.
En progressant dans le parc depuis Essen jusqu’à Duisburg et Bochum, le voyage sera l’occasion de comprendre l’articulation des échelles du territoire, du détail (stratégies de végétalisation de voies ferrées, traitements de sols, matériaux employés) jusqu’au grand territoire et au grand paysage (cohérence entre les différents sites, voies cyclables, succession de terrils et de sites culturels, programmation artistique à large échelle, restauration écologique des cours d’eau) en passant par l’échelle du projet architectural (comme la reconversion du site industriel de Zollverein, le réaménagement des grands ports fluviaux ou la restauration d’anciennes habitations ouvrières et de cités-jardins).
Le voyage aura lieu du 13 au 18 octobre, déplacements inclus :
Jour 1 : Rennes>Paris>Essen
Jour 2: Gelsenkirchen
Jour 3: Duisburg
Jour 4: Bochum>Herne
Jour 5: Essen
Jour 6: Essen>Cologne>Paris>Rennes
Mode d'évaluation
Carnet de voyage constitué collectivement
Mode d'évaluation
Carnet de voyage dessiné à rendre à votre retour à vos enseignants d’atelier de projet.
Travaux requis
Contribution à la préparation du voyage : documentation d’un site pour le carnet de voyage
Réalisation d’une visite sur le terrain
Compléter le carnet de voyage in situ par une série de dessins
E913 : Préparation aux PFE
| ECTS | Cours | TD | Pondération |
|---|---|---|---|
| 1crédits | 0heures | 0heures | 10% |
|
Mathieu
Le Barzic Loic
Daubas Sébastien
Penfornis Vincent
Gouezou |
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E913 : Hybridations
E913 : Instrumenter
E913 : Transitions
E913 : Traversées
Objectifs
Cet enseignement propose aux étudiant·es de Master un temps de mise en perspective critique de leur parcours de formation, à travers une relecture des quatre années d’enseignement qui précèdent le diplôme.
À l’approche du Projet de Fin d’Études, il s’agit de favoriser une démarche réflexive permettant à chaque étudiant·e d’identifier, de qualifier et de mettre en relation les connaissances, expériences, références et pratiques progressivement acquises au cours de sa formation.
Constitution d’un corpus personnel
À partir d’une sélection raisonnée de mots-clés, de productions issues des ateliers de projet et des enseignements théoriques, d’extraits de travaux, de textes, de lectures, de références architecturales et urbaines, ainsi que d’expériences de voyage ou de terrain, chaque étudiant·e est invité·e à constituer un corpus personnel.
Ce corpus doit permettre de faire apparaître les continuités, les déplacements et les inflexions qui caractérisent son parcours, et de mettre en évidence :
• les thématiques et problématiques récurrentes ;
• les notions et concepts mobilisés dans les projets ;
• les méthodes et outils de conception développés ;
• les modes de représentation et d’analyse privilégiés ;
• les références architecturales, urbaines, paysagères et artistiques qui ont contribué à construire la pensée du projet ;
• les ouvrages, textes et auteurs ayant nourri la réflexion ;
• les expériences de voyage, d’observation et de confrontation aux territoires ;
• les questionnements qui demeurent ouverts et qui peuvent constituer des pistes de recherche pour le PFE.
L’objectif n’est pas de produire une simple rétrospective des travaux réalisés, mais de construire une lecture critique et personnelle du parcours, susceptible de faire émerger les fondements d’une posture d’architecte.
La constitution de ce corpus repose ainsi sur un principe de sélection, de mise en relation et d’interprétation. Il ne s’agit pas d’accumuler des références, mais de comprendre ce qu’elles produisent dans la pensée et la pratique du projet.
Une démarche réflexive vers le diplôme
Ce travail constitue un outil de préparation au diplôme, en invitant l’étudiant·e à prendre distance avec ses propres productions et à interroger les conditions dans lesquelles sa pratique architecturale s’est progressivement construite.
La démarche doit notamment permettre :
• d’identifier ses acquis et ses compétences ;
• de mettre en évidence ses atouts et singularités ;
• de formuler plus précisément ses questionnements et centres d’intérêt ;
• d’identifier les évolutions et transformations de sa démarche de projet ;
• de confronter ses positions à celles de ses pairs et aux regards des enseignant·es ;
• de commencer à formuler une posture critique et personnelle d’architecte.
Le travail est conçu comme un support d’échange et de discussion au sein du TD. La confrontation des corpus, des références et des expériences doit permettre de faire émerger une diversité de manières de penser et de pratiquer l’architecture.
Du corpus au PFE
L’un des enjeux principaux de cet enseignement est d’accompagner le passage entre la formation et l’engagement dans une démarche personnelle de projet.
Le corpus constitué au cours de l’enseignement pourra ainsi devenir une ressource pour le Projet de Fin d’Études : il pourra contribuer à faire émerger une problématique, à orienter le choix d’un territoire ou d’un programme, à préciser une méthode de projet ou encore à identifier des références susceptibles d’être mobilisées de manière opératoire.
Le PFE est envisagé ici non comme l’aboutissement isolé du cursus, mais comme un moment de synthèse, de positionnement et d’affirmation d’une pensée architecturale personnelle.
À travers ce travail, l’étudiant·e est ainsi amené·e à passer d’une logique d’apprentissage et d’expérimentation à une capacité de sélection, de problématisation et de prise de position.
Le corpus personnel constitue dès lors un outil de transition : il permet de relire le parcours accompli, d’identifier les questions qui le traversent et d’ouvrir les pistes susceptibles de structurer le travail de diplôme et, plus largement, les premières orientations d’une pratique professionnelle.
Contenu
L’enseignement est structuré en quatre temps de travail successifs, conçus comme les étapes d’une démarche progressive allant de l’identification des centres d’intérêt personnels à la formulation d’une position architecturale et à sa mise en forme graphique.
Chaque étape constitue à la fois un temps d’analyse et un outil de préparation au Projet de Fin d’Études.
T1 — Constellation
Identifier les mots-clés et les premiers centres d’intérêt
Le premier temps consiste à établir une constellation de mots-clés permettant de faire émerger les notions, thèmes, situations et questions qui traversent le parcours de l’étudiant·e.
À partir des projets réalisés, des enseignements suivis, des lectures, des voyages et des expériences personnelles, l’étudiant·e sélectionne un ensemble de termes significatifs.
Ces mots-clés ne constituent pas une liste définitive : ils sont considérés comme des points d’entrée dans une réflexion. Leur mise en relation doit permettre de faire apparaître des proximités, des tensions, des récurrences ou, au contraire, des contradictions.
La constellation constitue ainsi une première cartographie de l’univers intellectuel et sensible de l’étudiant·e.
Question directrice :
Quelles sont les notions, les situations et les questions qui traversent mon parcours ?
T2 — Corpus
Relire quatre années de formation et révéler une pratique
Le deuxième temps consiste à constituer un corpus personnel à partir des productions et des expériences accumulées au cours des quatre années de formation.
Les ateliers de projet, les enseignements théoriques, les voyages, les visites, les lectures et les recherches constituent autant de matériaux susceptibles d’être sélectionnés, rapprochés et interprétés.
L’enjeu est de dépasser une lecture chronologique du cursus pour identifier les continuités, les ruptures, les déplacements et les récurrences qui caractérisent le parcours de chacun·e.
Le corpus doit permettre de mettre en évidence :
• des thématiques de projet ;
• des notions et concepts ;
• des méthodes de travail ;
• des outils de représentation et de conception ;
• des références architecturales, urbaines, paysagères ou artistiques ;
• des textes et des auteurs ;
• des expériences de territoire ;
• des positions ou questionnements récurrents.
Il s’agit ainsi de répondre à une question centrale :
Quelles sont les singularités et les spécificités de mon parcours, et que révèlent-elles de mon identité d’architecte en construction ?
Le corpus devient alors un instrument de réflexivité, permettant à l’étudiant·e de prendre distance avec ses propres productions afin d’identifier ce qui caractérise progressivement sa manière de regarder, d’analyser et de concevoir.
T3 — Communauté de connaissances
Se situer au regard d’autres pratiques et pensées de l’architecture
Le troisième temps introduit une dimension comparative et relationnelle.
À partir des questions et des thématiques identifiées dans son corpus, chaque étudiant·e est invité·e à construire une communauté de connaissances en identifiant des architectes, paysagistes, urbanistes, artistes, chercheurs ou théoriciens dont les pratiques et les réflexions entrent en résonance avec les siennes.
Il ne s’agit pas de constituer un catalogue de références, mais d'établir des relations critiques entre sa propre démarche et celles d’autres praticien·nes ou théoricien·nes.
Cette confrontation permet notamment d'interroger :
• les filiations possibles ;
• les convergences et les divergences ;
• les références revendiquées ou implicites ;
• les méthodes partagées ;
• les différences de positionnement ;
• les notions communes ou, au contraire, contradictoires.
Cette étape doit permettre à l’étudiant·e de situer sa propre pensée architecturale dans un champ de pratiques et de connaissances plus large.
Question directrice :
Avec qui puis-je mettre ma pratique en dialogue, et quelle position singulière puis-je construire au sein de cette communauté de connaissances ?
T4 — Synthèse
Construire un espace critique et produire le poster
Le quatrième temps est consacré à la mise en synthèse des travaux précédents.
L’étudiant·e est invité·e à sélectionner, hiérarchiser et articuler les éléments issus de sa constellation, de son corpus et de sa communauté de connaissances afin de construire un espace critique personnel.
Cet espace critique ne constitue pas une conclusion définitive. Il doit plutôt rendre visibles les questions, les positions et les hypothèses qui pourront nourrir la démarche de Projet de Fin d’Études.
La synthèse devra notamment permettre de faire apparaître :
• les principales lignes de force du parcours ;
• les thèmes et problématiques privilégiés ;
• les références structurantes ;
• les méthodes et outils développés ;
• les singularités de la pratique ;
• les questions restant ouvertes ;
• les pistes susceptibles d’être approfondies dans le cadre du PFE.
Cette dernière étape donne lieu à la production d’un poster de synthèse au format A2 vertical, conçu non comme une simple restitution graphique, mais comme un dispositif critique et spatial de mise en relation des connaissances.
Le poster doit rendre lisible, par le texte, l’image, le dessin, le diagramme et la composition, la manière dont un parcours de formation peut progressivement se transformer en position architecturale personnelle.
Mode d'évaluation
T1 + T2 = 25 % de la note finale
T3 = 20 % de la note finale
T4 = 55 % de la note finale
Travaux requis
recherche et synthèse du parcours entre la L1 et le M2 ( format libre)
production d'un poster synthétique du parcours de recherche et /ou des découvertes / Format A2 vertical