PROJET D’ARCHITECTURE
available in englishE812 : Projet d’architecture
Contenu
L'enseignement de projet de cycle master s'organise par domaine d'études, au sein d'ateliers verticaux réunissant les promotions de M1 et de M2.
Les 4 domaines d'études de l'ENSAB proposent chacun, au S8/S10, 2 ateliers distincts, intégrant la préparation du PFE.
Le détail (contenu, évaluation, travaux, bibliographie) est précisé dans chaque descriptif d'atelier.
| ECTS | Cours | TD | Pondération |
|---|---|---|---|
| 12crédits | 0heures | 112heures | 90% |
|
Cécile
Gaudoin Loic
Daubas Vincent
Jouve Erwan
de Bonduwe
+ 4 Gaël Huitorel
Eglantine Bigot-Doll François Guinaudeau Maud Nys |
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E812 : 1. non inscrits
E812 : Atelier Hybridations – François Guinaudeau/Mylène Le Berre
Objectifs
Penser la ville après covid,
penser une ville capable de s’adapter dans un contexte de décroissance énergétique ou urgence climatique.
C’est une ville qui est capable de réhabiter le tissu existant, les tissu banaux,
pour en faire de nouveaux espaces de vie et de travail qui s’adaptent à nos besoins:
on mobilisera des concepts de typologie et chercherons à produire des lieux de vie et de travail innovants.
C’est une ville capable d’abriter différents usages et fuir le mono-fonctionnel
C’est une ville capable d’être davantage flexible
Contenu
Pour l’année 2023:24 traitera la question de la réutilisation adaptative et de la construction de la ville sur la ville sur deux sites distincts reflétant deux modèles de vi(ll)e différents. Les étudiants re-questionneront de façon prospective ces deux modèles de ville à la lumière des enjeux contemporains liés au changement climatique et aux bouleversements culturels et sociaux. Nous travaillerons entre autres sur la notion de la ville productive, la ville post-compacte, la ville à 15 minutes,... tout en travaillant sur le nerf du sujet, celui de la réutilisation du tissu urbain banal de nos villes.
es étudiants en S8 travailleront sur la question évoquée dans la thématique générale à partir du travail sur deux sites différents.
- Le site de l'ancienne prison Jacques Cartier. à Rennes.
- Le quartier Colombiers à Rennes en se focalisant sur le Centre comerciale trois soleils.
Le travail sera réalisé en trois étapes :
1/ Echelle du quartier. A partir des cours théoriques et des interventions d’invités, les étudiants devront proposer un modèle de ville à l’horizon 2050/ 2100/2150, notamment en ce qui concerne mobilité, densité, formes urbaines espaces publiques.
2/ L’échelle du bâtiment. Une deuxième étape sera le travail sur le bâtiment choisi. Il s’agira d’un bâtiment existant voué a être reutilisé. Le choix des programmes sera issu de l’étude urbaine réalisé auparavant. Dans tout état de cause un des programmes à travailler sera le logement.
Ici devront être traités les questions en priorité les notions de typologie , de structure, d’imbrication,… Il sera possible de travailler soit dans l’enveloppe du bâtiment existant, soit a partir d’une proposition d’extension.
Mode d'évaluation
Controle continu + Jury final
E812 : Atelier Instrumenter – Eglantine Bigot-Doll
Objectifs
Le S8 est l'opportunité de confirmer ou d'infirmer un positionnement personnel au regard de la dite discipline architecture, initié depuis la fin de la licence. Au sein du domaine d'étude Instrumenter, ce semestre 8 explore des territoires singuliers, voire impossibles, en vue de la production de fragments spéculatifs tangibles.
Contenu
FRAGMENTS : AM3RS III, Terroirs Défendus
SITE WEB de l’enseignement : amers-ensab.com
formulation – rhéologie – réemploi – superfluidité – matériaux bio et géo-sourcés – robotique – similitudes – IA – hydromécanique – machines – matière – matérialité – structure – interfaces – expérientiel – architecturicité – réalités phantasmées – térato-écologie – post-numérique – post-esthétique.
Depuis trois ans, l’atelier Amers investigue les territoires – physiques et imaginaires – défendus par les côtes bretonnes, ceux que l'on ne peut parfois fouler que par la fabulation mais dont les singularités éveillent les imaginaires collectifs, créent des repères. L'estran et ses environs est ce territoire impossible par excellence, tantôt à nu, tantôt noyé. Chaque projet interrogera cette impossibilité apparente afin d'identifier ses modalités contemporaines d’usages par l’architecture, par sa matérialité et sa tectonique. Celle-ci sera le fruit d’expérimentations sur la matière virtuelle, figurative et tangible ainsi que de jeux structurels à plusieurs états que nous tenterons de formuler.
En 2026, un glissement depuis le territoire interdit vers le terroir défendu s'initie. Si depuis 2024 il a été question de produire des machines (dé)brouilleuses, de braver les interdits d’un espace ceint, si nous avons dégrossi le champ des possibles en termes de réalités spéculatoires (notamment par IA) et observé l'émergence d'imaginaires organisés en répertoires en tant qu'ontologies (sériations d'autonomies), l'atelier s'oriente cette année sur la question de la formulation du réel : sa formulation en tant que contre-réalité – et non comme utopie incantatoire – d’une part, et sa formulation en tant que matière, selon des granularités et des rhéologies hétérogènes que nous nommons appareils d’autre part. Appareil théorique et critique nécessaire à la conception architecturale et à l’architecture (elle-même apparat), appareils technologiques (robotique et IA) et appareil comme mélange extrudé au sens propre, nous formulerons et sédimenterons des réalités précipitées par les contingences contextuelles suivantes : ruralités, territoires, terroirs, écosystèmes, montée des eaux, surélévations, Fort de Lanvéoc, conservatoire du littoral, Natura 2000, airbnb, touristification, instagram, greenwashing, crise du logement.
OUTILS
Production d’un projet singulier convoquant une pluralité de médiums, de supports et d’outils. Dessin, Modeleurs 3D, Interfaces semi programmatives, Fabrication, Impression 2.5D, 3D, 4D, IA text-to-image, image-to-image, image-to-video, Chat GPT, scan 3D et robotique, etc. De la représentation en tant que graphico-théorie à la matière informée, par séries d’expérimentations alimentant la conception architecturale.
BIBLIOGRAPHIE
2026
_Alombert, A. (2025). De la bêtise artificielle. Editions Allia.
_Baudrillard, J. (2013). Vérité ou radicalité de l’architecture ? Suivi de Y a-t-il un pacte d’architecture ? inédit. Sens & Tonka.
_Bourriaud, N. (2021). Inclusions : Esthétique du capitalocène (1re édition). PUF.
_Bratton, B. H. (2019). Le stack : Plateformes, logiciel et souveraineté (C. Degoutin, Trad.). UGA éditions, Université Grenoble Alpes.
_Déotte, J.-L. (2001). L’époque de l’appareil perspectif : Brunelleschi, Machiavel, Descartes. l’Harmattan.
_Faburel, G. (2023). Indécence urbaine : Pour un nouveau pacte avec le vivant. Flammarion.
_Flusser, V. (2019). Post-histoire. T&P Work UNit Cité du Design.
_Lyotard, J.-F. (2005). La condition postmoderne : Rapport sur le savoir. Éditions de Minuit.
_Malterre-Barthes, C. (2025). A Moratorium on New Construction. Sternberg Press.
_Masure, A. (2023). Design sous artifice. HEAD.
_Mosconi, L. (2025). Architecture vivante, architecture des vivants. 205 Cité anthropocène.
_Simondon, G. (2005). L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information. Millon.
_Simondon, G. (2014). Imagination et invention, 1965-1966 (N. Simondon & J.-Y. Chateau, Éds.). Presses Universitaires de France.
2025
_Baltrušaitis, J. (2008a). Les Perspectives dépravées, Tome 1. Aberrations : Essai sur la légende des formes. Flammarion.
_Baltrušaitis, J. (2008b). Les perspectives dépravées, Tome 2. Anamorphoses ou Thaumaturgus opticus. Flammarion.
_Daumal, R. (1997). Le mont analogue : Roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques ; version définitive. Gallimard.
_Déotte, J.-L. (2004). L’époque des appareils. Lignes & manifestes.
_Déotte, J.-L. (2007). Qu’est-ce qu’un appareil ? Benjamin, Lyotard, Rancière. l’Harmattan.
_Jarry, A. (avec Arnaud, N., & Bordillon, H.). (1980). Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien ; suivi de, L’Amour absolu. Gallimard.
_Métais-Chastanier, B. (2022). Nous qui habitons vos ruines & De quoi hier sera fait. Presses universitaires du Midi.
_Rancière, J. (2000). Le partage du sensible : Esthétique et politique. Fabrique : Diffusion Les Belles Lettres.
_Venturi, R. (avec Scully, V.). (2020). De l’ambiguïté en architecture (M. Schlumberger & J.-L. Vénard, Trad.; [3e édition]). Dunod.
2024
_Baudrillard, J. (1981). Simulacres et simulation. Galilée.
_Boisnard, P. (2024). Prolégomènes à une post-esthétique des imaginations artificielles : Pour une critique phénoménologique de la pratique esthétique liée aux IA. Art in the Age of Artificial Intelligence, Tome 1.
_Carroll, L., & Haley, F. (1991). La chasse au Snark : Épopée en huits chants (J. Amberbay, Trad.). Capitales.
_Foucault, M. (1966). Chapitre 2 : La prose du monde—Les quatre similitudes. In Les mots et les choses; une archéologie des sciences humaines. (p. 32 40). Gallimard.
_Young, M. (2015). The estranged object (Graham Foundation for Advanced Studies in the Fine Arts). Young & Ayata.
Mode d'évaluation
Contrôle continu, rendu intermédiaire en fin de séquence (2 pour 50%), rendu final (50%) selon les critères : Conceptualisation, Rationalisation, Articulation, Contextualisation (CRAC)
E812 : Atelier Transitions – Vincent Jouve
Objectifs
« L'architecture, ça n'est pas construire des bâtiments, c'est construire des sociétés »
Gilles Perraudin
Considérant que le 20ème siècle est celui qui a dans le même temps le plus détruit et le plus détruit, l'atelier ALTER invite à réparer le monde par le paysage, le projet urbain & l'architecture.
Il s'agit de trouver des alternatives aux façons de construire, d'habiter, de se déplacer, en réaffirmant l'autonomie de l'architecture en tant que médium historiquement, spatialement et socialement situé, tout en s'ouvrant à l'altérité des disciplines, des arts, des cultures, des savoirs-faire.
Préserver les terres agricoles, les repenser en « reprenant la terre aux machines 1», « ménager nos territoires 2»,
densifier avec raison, réhabiliter et réparer avec soin le bâti existant, créer avec lui, qu'il soit à caractère patrimonial ou non, monumental ou domestique, savant ou vernaculaire, construit de façon traditionnelle ou industrielle.
Dessiner des projets situés et porteur de futurs désirables, en évoquant la définition de l'utopie de Gilles Clément 3: « L'u-topie ( non-lieu ) n'est pas une négation du lieu mais une vision provisoirement séparée des exigences du lieu. »
L'atelier ALTER propose de relier dans la même dynamique de projet les questions de mémoire, de contexte et de création, par opposition aux principes d'instantanéité, de virtualité et de répétitivité ainsi que l'expose et le théorise Philippe Prost, pour que l'étudiant.e pratique et développe son art de la transformation.
Il s'agit de marier visions patrimoniale et écologique, notions qui s'enrichissent mutuellement et permettent une vision cohérente et opératoire du projet, là où les injonctions contradictoires de l'oxymore « développement durable » brouillent les pistes.
Sortir des dogmes au profit d'une liberté de pensée, de (re)penser nos sociétés contemporaines pour faire en sorte que le monde reste habitable en le réparant, le réhabilitant, le restaurant, au service de tout.e.s, c'est à dire en « accommodant les restes », formule empruntée à Philibert de l'Orme, figure tutélaire de l'atelier.
Se situer dans le temps, dans l'espace et dans l'histoire des idées aide à projeter des lendemains favorables.
Comment transformer concrètement un existant, dans une économie de moyens, dans un processus frugal et vertueux sur le plan écologique ?
Qu'est ce que l'on doit absolument garder, transmettre, qu'est ce qui fait patrimoine ?
Quels programmes pour demain ?
Quels choix stratégiques de mises en œuvre ?
Quelle vision positive (re)donner à un bâti abandonné, nouveau devenir par l'action transformatrice du projet ?
La convocation de la figure de Philibert de l'Orme est faite tout au long de l'atelier, de l'Orme étant l'un des théoriciens-clefs de la restauration et réhabilitation dans le contexte de la renaissance française - qui est aussi un moment de pénurie de matériaux - d'où l'intérêt de maitriser l'oeuvre par le savoir-faire technique – dont l'art du trait ou stéréotomie – au service de « l'Art d'accommoder les restes ».
1. Reprendre la terre aux machines, Manifeste pour une autonomie paysanne et alimentaire, l'Atelier Paysan, Ed. du Seuil, 2021
2. Michel Marié « Aménager ou ménager le territoire ? », Annales des Ponts et Chaussées, n° de janvier, Paris, 1996
3. Gilles Clément & Louisa Jones, « Une écologie humaniste », Ed. Aubanel, Genève, 2006
Contenu
- Les échelles d'étude et de projet vont du paysage urbain (1/5000) au détail constructif (1/10).
- Les études, relevés et les projets paysagers et urbains sont développés possiblement en binômes.
- Les techniques de construction sont non conventionnelles, éco-biologiques, issues de ressources et savoir-faires éprouvés, ou créés.
Les sites de projets sont libres.
Mode d'évaluation
Sujets, textes et projets de références, diaporamas thématiques présentés en début d'atelier sont partagés sur le Drive dédié à l'atelier.
La production des étudiant.e.s y est déposée au fur et à mesure, et partagée par chacun.e.
Mode d'évaluation
L'évaluation des projets est basée sur les items suivants :
CONTROLE CONTINU : 40%
Sont évalués :
1) Analyses raisonnées :
Capacité à problématiser / poser un diagnostic transcalaire sur un territoire, un ensemble urbain, rural, paysager, un bâti à transformer :
- paysage et bioclimatisme
- histoire et morphogénèse du site
- architecture = qualité du relevé
- attentes sociales locales
- ressources locales
2) Analyses de projets de référence
3) Esprit critique, autonomie & capacité à mobiliser les outils de l'architecture
4) Capacité à travailler en groupe
5) JURY INTERMEDIAIRE : 20%
CONTROLE TERMINAL : JURY FINAL : 60%
- composer un projet à différentes échelles : paysagère, architecturale, grand détail
- répondre de façon juste et contextuelle aux enjeux d'un site
- expertiser un ensemble bâti & paysager et en dégager les potentialités
- développer un programme et le construire dans le détail
- produire une analyse critique, travailler en équipe et de façon autonome
- qualité de l’expression graphique, orale et écrite
Travaux requis
- Arpentage systématique du site et établissement d'un portrait sensible, par un médium laissé au libre choix des étudiant.e.s ( dessin, texte, photo, vidéo, sculpture, maquette de site, prélèvement, ...)
- Relevé préalable pour une compréhension fine des architectures à transformer, dans leurs dimensions sanitaires et archéologiques.
- Contextualisation dans l'espace et dans le temps du bâtiment et synthèse graphique de ses évolutions pour le diagnostiquer.
Pour ces trois premiers points, la qualité et la fiabilité de la représentation graphique du bâti est primordiale.
- Repérage des enjeux sociaux locaux, et Programmation fine de la réhabilitation, adaptée aux potentialités du bâti et aux attentes locales
- Schématisation graphiques des intentions de projet et rédaction d'un texte de synthèse
- Travail exploratoire du projet et de différentes réponses possibles à toutes les échelles, du paysage au détail constructif, pour réaliser des projets ancrés dans un territoire, des ressources et des savoirs faire.
- Exploration itérative des parcours, des qualités spatiales et des principes constructifs par croquis perspectifs, tests en maquettes d'études, et tous les outils de l'architecte
- Utilisation de la légende graphique = noir pour l'existant, jaune pour le démoli, rouge pour le créé, montrant la lisibilité des interventions.
- Convocation de projets de références alimentant la dimension réflexive / critique du projet et de familles de solutions déjà trouvées dans l'histoire de l'architecture, période contemporaine comprise.
- Etablissement de fiches de lectures des textes de références
- Travail de l'oral et du dessin à des fins didactiques, selon le principe que 'ce qui se conçoit bien s'énonce clairement'.
E812 : Atelier Transitions n°2 – Gaël Huitorel/Loïc Daubas
Objectifs
Le petit Changeons
Les convergences de nombreux travaux scientifiques et rapports officiels permettent de cerner de façon toujours plus précise des scénarios pour l’horizon 2050 décrivant un réchauffement minimal de 2°C des températures moyennes. Ceci se traduira notamment sur le territoire français, suivant les régions, par une forte accentuation des épisodes caniculaires, des risques d’incendies forestiers, de tempêtes et
d’inondations, auxquels s’ajoute le déclin déjà entamé de la biodiversité. Dans ce
contexte, l’enjeu pour les architectes est d’agir à leur échelle en mobilisant leurs savoirs et leurs compétences pour concevoir des projets qui, au-delà de la réponse aux problématiques architecturales portées par un site et un programme, seront capables de fournir un niveau satisfaisant de confort et de sécurité à leurs futurs habitants, tout en aggravant le moins possible cette évolution par l’impact environnemental découlant de leur réalisation, de leur fonctionnement ou de leur cycle de vie.
Cet enseignement vise à accompagner les étudiants dans le développement des ambitions architecturales et écologiques découlant de leur analyse des enjeux du territoire choisis, ceci jusqu’à un niveau de définition formelle très approfondi préfigurant leur réalisation potentielle. Sont ainsi visées des architectures qui dialoguent avec les réalités d’un milieu caractérisé par des contextes physiques, culturels, économiques, humains afin de concrétiser les enjeux « thérapeutiques » identifiés dans les situations territoriales explorées.
Cet atelier sera partagé avec les actuels étudiants en M2 terminant leurs études par le PFE. Aussi, cette année, est déjà une préparation du PFE, où vous serez amener aussi à travailler avec des étudiants en master 2 ( master vertical)
En ce sens, il est attendu que les réflexions et les projets qui résulteront de ce semestre soient significatifs de cet engagement et d’une volonté d’agir positivement en tant qu’architecte dans un contexte plus complexe et contraignant que lors des décennies précédentes, mais aussi plus stimulant pour penser l’évolution des enjeux, du langage et des pratiques de l’architecture. Ces changements de perspective engagent par exemple à ré-explorer l’un des rôles fondamentaux de l’architecture avant le milieu du XXe siècle : protéger par elle-même de la façon la plus pertinente possible ses habitants des excès d’un climat pour leur fournir des conditions de vie satisfaisantes, ceci avec une économie de moyens matériels et énergétiques. Par extension, ils invitent aussi à réévaluer certaines hiérarchies traditionnelles de l’architecture, notamment en travaillant prioritairement avec le « déjà-là », en concevant davantage la forme via les qualités thermiques des « vides » qu’elle donne à habiter autant que les pleins qui les délimitent, et en déterminant la matérialité de ces derniers en tenant compte de leurs effets sur les climats intérieurs et leur perception (inertie, conductivité, effusivité, etc.)
Dans cet horizon, une attention particulière sera donnée à la prise en compte des ressources disponibles. L’expérience du PFE peut être l’occasion de faire interagir des forces en présence – matières disponibles, savoir-faire, industries, etc. – avec les problématiques développées sur un territoire donné.
Cet enseignement vise à accompagner les étudiants dans le développement des ambitions architecturales et écologiques découlant de leur analyse des enjeux du territoire choisis, ceci jusqu’à un niveau de définition formelle très approfondi préfigurant leur réalisation potentielle. Sont ainsi visées des architectures qui dialoguent avec les réalités d’un milieu caractérisé par des contextes physiques, culturels, économiques, humains afin de concrétiser les enjeux « thérapeutiques » identifiés dans les situations territoriales explorées. A l’inverse d’un développement linéaire du projet par sauts graduels d’échelle, l’enseignement vise, par une démarche d’itération mobilisant différents thèmes, outils et temps pédagogiques, une densification progressive des idées et des formes à chaque échelle afin d’aboutir à la soutenance du PFE avec une proposition architecturale qui soit à la fois…
… ambitieuse et responsable
… réaliste et poétique
… frugale et généreuse
… simple et riche
… cultivée et inventive
… personnelle et appropriable
Contenu
Analyser- Concevoir - Construire :
Loïc Daubas, Gaël Huitorel, vous proposons de choisir un site situé sur le bassin versant de la Vilaine pour lequel vous serez en capacité à interagir. Analyse, concevoir et construire sera le triptyque qui se répétera sur chaque site.
Plusieurs temps d'initiations à la construction avec des ressources locales ( BTP - Bois-Terre-Paille) sont programmés.
Une dream-team sera constituée afin de répondre au concours !mpact avec pour objectif de gagner le prix national en 2026 !
Mode d'évaluation
contrôle continue ( 40%) et notes sur projets :
- production d'une bande dessinée : 19 mars 2026 : 20%
- étape intermédiaire, pré-jury : 30 avril 2026 : 20%
- jury final : 11 juin 2026 : 60 %
E812 : Atelier Traversées – C. Gaudoin – E. de Bonduwe – M. Nys
Objectifs
Le DE Traversées propose une approche holistique du projet, dans laquelle le·a futur·e architecte conçoit du territoire au détail constructif, en manipulant l’imbrication de toutes les échelles. Appuyé sur une connaissance fine et une expertise partagée du territoire étudié au semestre impair, le développement d’un projet architectural détaillé permet d’établir des relations entre une stratégie globale, des innovations programmatiques et des mises en œuvre ou aménagements particuliers. La démarche n’est cependant pas linéaire du plan masse au détail, mais prend la forme d’aller-retours entre les différentes échelles du projet.
Ainsi la conception ne se limite-t-elle pas à l'édifice, mais intègre le dessin des sols, de l’espace public et questionne la place du vivant (végétal et animal). Le lien au grand territoire et au paysage passe par le rapport au sol, à la topographie et au choix des matériaux en rapport avec les ressources disponibles. La prise en compte du processus de fabrication de l’architecture conduit à chercher un équilibre entre effort technique et effet architectural au regard de l’impact global sur le milieu. Enfin, la maîtrise de l’aspect général du projet au travers du dessin détaillé implique le développement d’un regard critique et cultivé sur les enjeux architecturaux contemporains.
L’atelier de projet de Master “Habiter Saint-Juvat' naît de cette approche pédagogique qui anime le domaine d’études Traversées, nous ayant amené à faire le choix cette année du Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d'Émeraude comme territoire de projet. Plus particulièrement ce semestre, la commune de Saint-Juvat sera pour vous le terrain de réflexion et d’expérimentation (alors que les Master 2 (diplôme) choisiront librement le site et la problématique de leur PFE sur le territoire du PNR).
L’atelier est l’occasion d’une immersion sur site, une expérience toujours féconde pour de jeunes architectes en formation, vous permettant de mettre à l’épreuve du réel les intentions architecturales et leur développement sur le temps d’un semestre.
Cet atelier fait l'objet d’un partenariat avec la Région Bretagne et la commune de St Juvat et d’une collaboration avec le Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d'Émeraude, deux partenaires qui nous accompagneront dans notre compréhension des enjeux du territoire et nous permettront d’en saisir la complexité.
Contenu
1. Contexte pédagogique et réflexif
L’atelier s’inscrit pleinement dans le contexte dans lequel nous vivons, et qui conditionne nos modes d’habiter. L’architecture fait l’épreuve de plusieurs impasses, caractérisées par des crises multiples et répétées. La crise sanitaire nous a fait prendre conscience de la fragilité d’une planète si sophistiquée qu’on la croyait invulnérable. La crise écologique nous oblige à considérer autrement une discipline consommatrice de ressources, d’énergie et de carbone. La crise économique sévit désormais depuis de nombreuses années, impliquant une réorganisation constante des modes de production. Le milieu de l’architecture est également secoué par une crise de légitimité et d’autorité : soumis à des injonctions contradictoires et à un univers normatif et réglementaire de plus en plus contraignant, l’architecte voit en effet sa créativité bridée, ses objets critiqués, ses discours incompris. Si le besoin de construction perdure, il faut dorénavant savoir le justifier auprès d’un public élargi : l’acte de construire a perdu de son évidence et son acceptabilité est de moins en moins garantie.
Cette prise de conscience ne saurait pour autant ternir l’optimisme inhérent à l’exercice de l’architecture. Elle appelle au contraire à une réflexion nouvelle, interdisciplinaire, susceptible de véhiculer un message positif sur nos désirs et nos aspirations communes. Les architectes se voient plus que jamais sommés de continuer à réaliser des projets, de manière créative et raisonnée. L’atelier propose précisément de réfléchir collectivement aux manières d’habiter le monde différemment : des alternatives pour réformer l’architecture.
2. Le territoire du Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d'Émeraude
Le territoire du Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d'Émeraude est le lieu d’enjeux dont certains sont au cœur des réflexions et missions des architectes :
L’évolution du trait de côte et la forte densité bâtie de la frange littorale engendreront dans les décennies à venir un repli stratégique des populations vers l’intérieur des terres. Parallèlement, l’aire d’attractivité de la métropole rennaise s’étire jusqu’aux franges du PNR. Où habiter, sur quel sol ? Comment concilier la protection des terres agricoles (ZAN) et l’accueil de nouvelles populations ?
Avec l’augmentation des épisodes pluvieux exceptionnels, le risque d’inondation est devenu majeur sur le territoire, en particulier le long de la Rance, principal fleuve côtier du PNR, et au croisement des eaux (Rance, Canal de l’Ille, le Linon, le Guinefort, la Vallée). La gestion de l’eau douce depuis le lit des rivières, jusqu’à la mer en passant par les retenues d’eau potable alimentant les pôles urbains, est un enjeu qui intéresse l’ensemble des communes du bassin versant de la Rance.
Les modes de vie continuent d’évoluer et après un XXe siècle marqué par une concentration des populations dans les zones urbaines, les populations habitent de plus en plus en milieu périurbain ou rural, pour ces aménités paysagères et patrimoniales ou par nécessité au vu de l’augmentation du prix des logements et du foncier. Comment éviter une urbanisation standardisée et faire émerger de nouvelles dynamiques sur ces territoires ? Comment assurer les mobilités entre ces lieux d’habitation et les pôles d’activité ? Peut-on imaginer une autre relation entre l’habitat, le lieu d’activité, l’espace public et la ville ?
Le secteur de la construction est responsable de plus de 20% des émissions de CO2, le sable, principal matériau de fabrication du béton, est de plus en plus rare...Faut-il encore construire ? Ou comment construire en s’appuyant sur des caractéristiques propres au territoire ?
3. Un temps d’immersion à Saint-Juvat
L’atelier sur site les 5 et 6 mars est l’occasion de rencontres multiples, avec les lieux, avec les habitants, avec les partenaires, avec les acteur·ices du territoire. Le Pnr, constitué ici dans une logique géographique autour du bassin versant de la Rance, offre de multiples situations pour développer des projets d’architecture.
La commune de Saint-Juvat (660 habitants) est située dans le pays des faluns à une dizaine de kilomètres au sud de Dinan, et à une cinquantaine de kilomètres de Rennes et de Saint-Malo pour plusieurs raisons.
Elle est soumise à de nouvelles dynamiques sociales, écologiques, économiques et foncières liées, notamment, aux replis des habitant.es décrits plus haut. En effet l’attractivité émergente de ce secteur nous semble stratégique pour mener une réflexion prospective qui dépasserait la question de l’habitat seule afin de la relier aux enjeux des lieux de travail et de production : déplacements, temporalités, développement économique et social, consommation... Le pays des Faluns a, en effet, la capacité à accueillir à nouveau des activités productives (artisanale, créative, d'énergie, agricole...) et plus largement, de la mixité fonctionnelle. Ces pistes, pour lesquelles l’apport des architectes est nécessaire, apparaissent essentielles et crédibles.
L’objectif du semestre est de considérer la notion d’”habiter” pour imaginer des interactions renouvelées entre habitat et activité productive, en définissant des stratégies propres au territoire de Saint-Juvat qu'elles soient paysagères, urbaines ou architecturales.
Cette commune a déjà fait l’objet de plusieurs partenariats avec l’ENSAB il y a quelques années, aboutissant à une étude urbaine et des projets ponctuelles sur les fanges du bourg, ainsi qu’à un projet à l’échelle 1 en extension du bâtiment scolaire. Vous serez amenés à vous appuyer sur ces études pour enclencher rapidement le travail à l’échelle architecturale.
4. Habiter Saint-Juvat en mobilisant les ressources disponibles
La prise en compte des ressources locales disponibles permet d’ancrer le projet dans un lieu spécifique. L’analyse et l’arpentage feront émerger des filières à exploiter pour la conception du projet. Le choix du mode constructif sera l’occasion d’explorer la dimension poétique, technique et sensible du matériau.
Saint-Juvat, commune labélisée patrimoine rural de Bretagne fait l’objet d’une politique volontariste de mise en valeur de son patrimoine en s’appuyant sur un réseau d’associations (À Fleur de Terre), un réseau d’artisans et l’accompagnement du conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) des Côtes-d’Armor. Vous vous appuierez sur cette dynamique pour réfléchir aux filières associées à la terre, la pierre de Falun (calcaire), le granit et le bois, matériaux présents dans les constructions sur la commune de Saint-Juvat.
Mais les ressources ne sont pas uniquement matérielles : une approche systémique accompagnera la production d’un projet fondé sur son contexte géographique, écologique et socio-économique1.
Lors de notre séjour à Saint-Juvat, des rencontres avec des artisan·es, des acteur·ices du milieu associatif, des élu·es, des technicien·nes du PNR, seront organisées, permettant de dresser un portrait exhaustif du territoire de la commune et de saisir ses enjeux et les opportunités pour rendre le projet opérant.
5. Valorisation des travaux
- Une présentation intermédiaire à Saint-Juvat auprès des élu·es et du Pnr permettra de partager les premières analyses et orientations de projet.
- Une présentation des projets finalisés à l’ENSAB en présence des élu·es et du Pnr sera le moment de l’évaluation de la pertinence des réponses et de leur formalisation.
Séance 1 (26/02/26) > Lancement de l’atelier
Séance 2 (5 et 6/03/26) > Atelier in situ à Saint-Juvat
Séances 3, 4, 5, 6 (à partir du 12/03/26) > “Fragments” / Première séquence de travail sur habitat et activités, typologies architecturales, assemblage
Séances 7, 8, 9 (à partir du 9/04/26) > “Ancrage” / Seconde séquence de travail sur l’échelle urbaine
Séances 10,11,12,13 (à partir du 7/05/26) > “Matières” / troisième séquence de travail sur le développement du projet à l’échelle architecturale et espaces publics
Séance 14 (11/06/26) > Rendu final
Mode d'évaluation
Interventions en séance : enseignants et acteurs du territoire
Mode d'évaluation
Contrôle continu : (Rendus intermédiaires)
- séquence 1 : 20%, note ind.
- séquence 2 : 20%, note de groupe
Rendu final : 60% note ind. non compensable
Travaux requis
Liste non exhaustive, à compléter selon la démarche de projet
Diagnostic des lieux et retranscription de l’enquête
Définition d’une stratégie territoriale (reprise et complétée du S1)
Élaboration d’intentions urbaines et architecturales
Résolution architecturale
Choix constructifs, maîtrise du détail en lien avec toutes les autres échelles
Définition de tous ces éléments et justification des choix à chaque étape par le dessin, la maquette constructive, les recherches sur la matérialité, voire le prototype, l’écrit et l’oral. La nature et l’échelle de chaque document sera adaptée au propos.
Réaction aux critiques, évolution du projet, acquisition d’une autonomie dirigée (M1) ou confirmée (M2)
E811 : Théorie de l’architecture
Objectifs
1ème séquence : Formes de permanence - Formes de résistance
Enseignant : Miquel Peiro
La transformation des édifices existants est aujourd’hui un des éléments principales du métier d’architecte. Le corpus théorique autour de la transformation de l’existant s’est développé largement dans tous les aspects portant sur les thématiques liés au patrimoine et à leur restauration. Or aujourd’hui, il semble évident que n’importe quel édifice sur pied doit être maintenu, transformé et réutilisé par la simple raison que en le construisant, nous avons consommé beaucoup d’énergie et que on ne peut pas se permettre de le démolir.
Ce cours se donne comme objectif de donner des bases théoriques liés des modes de fabrication de projet sur l’existant, en s’abstraient de la question patrimoniale pour développer la « solertia » de l’architecte sur ce type de projets.
Pour cela, on se donne comme hypothèse de travail lors que nous souhaitons transformer/réutiliser un bâtiment l’architecte doit de confronter un certain nombre de résistances, d’oppositions du bâtiment préexistant, et que ces oppositions vont conditionner les marges de manœuvre et d’inventivité que l’architecte peut mettre en place.
Nous prendrons également une deuxième hypothèse de travail, ces résistances vont dépendre en grande partie de la structure formelle (typo-morphologie) de l’espace habité, plus que de la structure physique construite, de son enveloppe ou de ces modes constructifs.
Dans ce sens, on va s’intéresser à travailler sur des projets ayant subi un changement d’usage, avec des interventions/transformations plus ou moins lourdes, mais ayant maintenu la structure formelle initiale du bâtiment, sans la transfigurer.
La méthode de travail utilisée sera l’architecture comparée.
2ème séquence :Pensée constructive. Du projet à la théorie au projet
Enseignant : Gael de Huitorel
Contenu
1ème séquence : Formes de permanence - Formes de résistance
Enseignant : Miquel Peiro
Séance 1
Concepts préliminaires.
- Le type architectural.
- Les catégories formelles des espaces.
- La vérité signe. La vérité indice, la vérité chose.
- La structure et l’enveloppe : violet le duc vs Semper.
- Langage, signe et transgression du signe.
- Le détail significatif.
- Les théories de la transformation : Viollet le Duc, Ruskin, Choay, Douglas, Re-Habitar
- Définitions : restaurer, reconstruire, rehabiliter, réutiliser,…
Méthode de travail : Architecture Comparée
Séance 2
Reconversion des espaces conformés à partir d’une répétition de colonnes dans les deux directions.
- Caractérisation de ce type de espaces.
- L’espace hypostile : La Bibliothèque de la Universitat Pompeu Fabra vs Les Drassanes de Valencia.
- L’espace tramme : l’IUAV de Venise vs la Reconversion en habitat de l’uSine Fabra i Coats à Barcelone.
Séance 3
Reconversion des espaces linéaires
- Caractérisation de ce type de espaces : la basilique, la hall
- La Grande Hall (Encore Hereux) vs la Hall Freyssinet (Willmote)
Reconversion du plan à chambres
- Caractérisation de ce type de espaces
- Reconversion La Prison de Beziers vs reconversion de la Criée du Cabanyal à VLC vs le modèle Hausmanien.
Séance 4
Reconversion de grandes formes géométriques de l’industrie.
- Caractérisation de ce type de espaces
- Les silos : Logements à Copenhagen (MVRDV) vs Résidence Etudiante à Oslo (HRTB Arckitecten) vs Bibliothèque régionale de Madrid (Mansilla Tuñon)
- Les digues sèches portuaires : Le Musée Maritime Dannois (BIG) vs le Musée Vasa (Stockholm)
Séance 5
Reconversion des espaces issus des systèmes de préfabrication et construction en béton armé.
- Le système de poteaux poutres. Reconversion de bureaux en résidence de Creteil (TVK) vs Reconversion de bureaux en 257 logements à Paris (Bruggel)
- Le système de voiles tunnel. L’extension du Musée de Beaux Arts de Maurepas (Titan Architectes)
- Le plot : La reconversion typologique de la tour Maurepas vs La tour Bois le Pretre (Lacaton et Vassal)
Séance 6
Reconversion de grands bâtiments urbains à plusieurs structures typologiques en conteneurs programmatiques.
La Belle de Mai (Marseille) vs Matadero (Madrid) vs Mercat d’Abastos (Valencia)
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Mode d'évaluation
Contrôle terminal : examen sur table de 2h (1h sur chaque séquence)
| ECTS | Cours | TD | Pondération |
|---|---|---|---|
| 2crédits | 24heures | 0heures | 10% |
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Miquel
Peiro Gaël
Huitorel |
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